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La contrefaçon pharmaceutique, un fléau mondial aux portes de la France


Le trafic de faux médicaments, désormais considéré comme le premier au monde, gagne du terrain en France, menaçant directement la santé publique, comme en témoigne un grave incident survenu cette année.
Un homme de 33 ans, en parfaite santé, a frôlé la mort après s’être administré un stylo injecteur d’Ozempic acheté en dehors des circuits officiels. Hospitalisé d’urgence à Marseille pour un coma hypoglycémique, il a survécu de justesse. Les analyses ont établi que le produit ne contenait aucune trace de sémaglutide, le principe actif du médicament authentique, mais très probablement de l’insuline. Ce cas dramatique illustre la dangerosité d’un marché parallèle dont l’ampleur est colossale. Évalué à près de 200 milliards de dollars annuels, il représenterait un médicament sur dix à l’échelle mondiale, une proportion qui grimpe dans les régions les plus défavorisées.
Sur le territoire national, la fraude liée aux produits de santé ou aux ordonnances falsifiées a représenté plus de treize millions d’euros en 2024. Les autorités, dont la gendarmerie et l’Agence nationale de sécurité du médicament, traitent plusieurs centaines de dossiers et reçoivent de nombreux signalements. Les canaux de distribution illicites sont principalement de deux ordres. D’une part, le marché de rue et, d’autre part, Internet, où environ 90% des plateformes proposant des médicaments opèrent en dehors de tout cadre légal. Certains produits proviennent de détournements via des ordonnances falsifiées ou des vols, tandis que d’autres sont des contrefaçons intégrales, parfois identifiables à un conditionnement défectueux ou à des erreurs d’étiquetage.
La forte demande pour certains traitements, comme les analogues du GLP-1 utilisés notamment pour la perte de poids, alimente ce commerce souterrain. Sur des applications de messagerie, ces produits s’achètent en quelques clics. Les spécialistes mettent en garde contre les risques considérables et sous-estimés de ces pratiques, d’autant que les patients concernés signalent rarement les effets indésirables par crainte d’avoir enfreint la loi.
Face à cette menace, les pouvoirs publics intensifient leur action. La gendarmerie s’est dotée d’un commandement spécialisé dans la protection de la santé et de l’environnement, formant des milliers de militaires à la lutte contre les trafics pharmaceutiques. Des opérations permettent régulièrement des saisies importantes. L’agence du médicament peut, quant à elle, ordonner la fermeture de sites internet illégaux, même si de nouvelles plateformes émergent rapidement. Les experts rappellent l’impérieuse nécessité de s’approvisionner exclusivement en pharmacie, soulignant qu’aucune économie ne justifie de jouer avec sa santé.





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