Nous rejoindre sur les réseaux

News

Dans l’antre de Zize Dupanier, reine marseillaise du transformisme

Article

le

Plongée dans les coulisses de la métamorphose où Thierry Wilson donne vie à son alter ego flamboyant, personnage haut en couleur qui captive les foules depuis deux décennies.

Dans l’intimité feutrée du théâtre de la Comédie Bastille, un rituel méticuleux se déroule chaque soir. Le comédien Thierry Wilson entame sa transformation pour incarner Zize Dupanier, ce personnage exubérant qu’il présente avec fierté comme la « reine des cagoles ». Le fond de teint, les faux-cils et la perruque blonde participent à cette alchimie scénique qui dure près de soixante-dix minutes, prélude à chaque représentation.

Ce phénomène théâtral puise ses racines dans l’enfance marseillaise de l’artiste. « Zize est née des femmes croisées dans le salon de coiffure de ma mère », confie le comédien de cinquante-quatre ans. Son personnage emprunte également à l’univers des bistrots tenus par son père, où s’est forgée cette gouaille provençale qui caractérise désormais la célèbre diva. Depuis ses débuts en 2005 dans un cabaret du Vieux-Port, cette création n’a cessé de gagner en popularité, rassemblant plus de trois cent mille spectateurs et intégrant le cercle des « Grosses Têtes » sur RTL.

Le nouveau spectacle « IrréZIZEstible » explore les tribulations sentimentales de ce personnage désormais grand-mère, confrontée aux tourments de la trahison et de la ménopause. « Elle vide son sac avec une franchise désarmante », commente son créateur, qui perpétue à travers elle la tradition des comiques du Sud à l’humour populaire.

La vocation transformiste de Thierry Wilson s’est révélée précocement. À dix-sept ans, lors d’un stage au Cours Florent, il découvre le cabaret Madame Arthur où des artistes incarnent des chanteuses célèbres. Cette révélation déterminera son parcours. « Michel Serrault m’a confirmé que jouer une femme représentait le défi ultime pour un comédien », se remémore-t-il. Sa rencontre avec Coccinelle, pionnière française de la transidentité, marquera un tournant décisif. Cette dernière, qu’il épousera en 1996, l’encouragera à créer un personnage original plutôt que de poursuivre dans l’imitation.

« Le transformisme consiste à endosser un rôle, exactement comme le ferait un acteur classique », précise Thierry Wilson, établissant une distinction nette avec le travestissement. Son approche reste strictement professionnelle, sans volonté d’incarner la féminité en dehors des planches. Après avoir managé un cabaret marseillais avec Coccinelle jusqu’au décès de cette dernière en 2006, l’artiste continue de faire vivre Zize Dupanier sur les scènes de France, démontrant la pérennité d’un art qui transcende le simple spectacle pour toucher à l’essence du jeu théâtral.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus