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Carole Delga interpelle le gouvernement sur la crise de la dermatose bovine


_**La présidente de la région Occitanie a publiquement sommé le Premier ministre d’engager un dialogue avec la profession agricole, alors que les mobilisations se poursuivent dans le Sud-Ouest.**_
Dans une lettre ouverte adressée à Sébastien Lecornu, Carole Delga a exprimé son inquiétude face à la dégradation de la situation. La présidente de la région Occitanie, désormais en première ligne face à l’épizootie, a jugé nécessaire une intervention directe de l’exécutif pour instaurer des discussions constructives avec les éleveurs. Elle estime que seule une concertation franche permettra de désamorcer les tensions qui ne cessent de croître dans de nombreux départements.
Son courrier dépeint une colère grandissante au sein de la profession, alimentée selon elle par un sentiment d’abandon et par les modalités de gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire. Initialement circonscrite aux Pyrénées-Orientales, la maladie s’est désormais étendue à plusieurs autres départements occitans, dont l’Ariège, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées.
Cette extension géographique coïncide avec une intensification des actions de protestation. Depuis plusieurs jours, des agriculteurs, mobilisés à l’appel de syndicats opposés à l’abattage systématique des troupeaux infectés, ont mis en place des barrages sur des axes majeurs comme les autoroutes A64 et A75. À Carbonne, en Haute-Garonne, une centaine de manifestants maintiennent un campement sur l’A64, affirmant leur détermination à rester sur place tant que leurs revendications, qui dépassent la seule question sanitaire, ne seront pas entendues.
Les actions se sont multipliées sur le terrain. Dans le Tarn, une cinquantaine d’agriculteurs ont obstrué la nationale 88 aux abords d’Albi. À Millau, en Aveyron, des engins agricoles ont déversé divers matériaux devant la sous-préfecture lors d’un rassemblement. Parallèlement, à Tarascon-sur-Ariège, un important rond-point donnant accès à l’Andorre est toujours bloqué.
Les protestataires expriment un profond rejet de la stratégie d’abattage préventif. Pour de nombreux éleveurs, cette mesure est perçue comme une aberration économique et éthique. La colère se cristallise également sur d’autres sujets, comme les accords commerciaux internationaux, indiquant une crise de confiance plus large.
La pression monte également du côté des élus locaux. Plusieurs associations de maires ariégeois doivent ainsi rencontrer le préfet pour lui remettre une liste de griefs et réclamer une révision du protocole sanitaire. L’ensemble de ces mouvements illustre une contestation profonde, mêlant urgence sanitaire et détresse économique, qui attend désormais une réponse politique claire.





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