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Ballots de cocaïne en mer et ports secondaires, nouvelles vagues du trafic


Les trafiquants de cocaïne redoublent d’ingéniosité pour contourner les contrôles, en exploitant les ports secondaires et les largages en mer, révélant une évolution inquiétante des méthodes du narcotrafic.
Le transport maritime reste le principal canal d’acheminement de la cocaïne en France, avec Le Havre comme point d’entrée majeur. Cependant, face au renforcement des mesures de sécurité dans les grands ports, les réseaux criminels se tournent désormais vers des ports moins surveillés, tels que Dunkerque, Rouen ou Montoir-de-Bretagne. Cette diversification des points d’entrée s’accompagne d’une recrudescence des largages de ballots en mer, une technique dite du « drop-off », où la marchandise est jetée à l’eau avant d’être récupérée par des complices.
Les saisies récentes témoignent de cette mutation. Dans le nord-ouest de la France, des centaines de kilos de cocaïne ont été interceptés, des volumes inédits selon les douaniers. La Rochelle a également fait parler d’elle en 2022 avec la découverte de 124 kg de cocaïne dissimulés dans une cargaison de pâte à papier en provenance du Brésil. Les trafiquants exploitent divers types de navires, des bateaux de commerce aux voiliers de plaisance, démontrant une grande flexibilité dans leurs méthodes.
Les largages en mer, quant à eux, posent un défi supplémentaire aux autorités. En 2023, près de 700 kg de cocaïne, conditionnés en paquets étanches, ont été retrouvés flottant au large de Fécamp. Cette technique permet aux trafiquants d’éviter les contrôles portuaires, en confiant la récupération des ballots à des embarcations locales, souvent moins repérables. Les pêcheurs, confrontés à des difficultés économiques et parfois à la consommation de stupéfiants, pourraient être sollicités pour participer à ces opérations, selon des sources anonymes.
Malgré ces avancées dans la lutte contre le trafic, les moyens des douanes restent insuffisants face à l’ampleur de la menace. La fermeture de nombreux postes côtiers et les contraintes budgétaires limitent l’efficacité des contrôles. Une commission sénatoriale a récemment alerté sur ce décalage, soulignant la nécessité de renforcer les ressources humaines et techniques pour faire face à cette criminalité en pleine mutation.
Cette évolution des méthodes des trafiquants, combinée à une coopération accrue entre organisations criminelles, illustre la complexité croissante de la lutte contre le narcotrafic. Les autorités doivent désormais adapter leurs stratégies pour contrer ces nouvelles vagues de criminalité, qui menacent autant les côtes que les ports français.





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