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Laurent Degallaix contraint de quitter ses fonctions après une condamnation pour prise illégale d’intérêts

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À peine réélu à la tête de Valenciennes, le maire Horizons doit abandonner tous ses mandats après une peine d’inéligibilité de cinq ans prononcée avec effet immédiat.

Le tribunal correctionnel de Lille a infligé jeudi une lourde sanction à Laurent Degallaix, maire de Valenciennes depuis 2012. L’élu de 60 ans a été reconnu coupable de prise illégale d’intérêts et de subornation de témoin. Il écope de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui le contraint à quitter immédiatement la mairie, la présidence de la communauté d’agglomération Valenciennes Métropole et son siège au conseil départemental du Nord. La juridiction l’a également condamné à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.

L’édile, qui avait été réélu de justesse en mars dernier avec 36,5 % des suffrages au second tour, a quitté la salle d’audience précipitamment, sans s’exprimer devant la presse. Son avocat, Me Philippe Simoneau, a annoncé un appel, mais cette démarche ne suspend pas l’application de la peine d’inéligibilité. La présidente du tribunal a souligné que cette sanction correspond au maximum prévu par la loi pour ce type d’infraction.

Les faits reprochés à Laurent Degallaix remontent à plusieurs années. Il a été jugé coupable d’avoir usé de son influence pour faire embaucher une femme avec laquelle il entretenait une relation intime au sein d’une société gestionnaire du stationnement municipal. Il a également tenté de la dissuader de déposer plainte et a accéléré le licenciement d’une autre femme, proche de ses opposants politiques, en exploitant son statut de maire.

Dans son délibéré, la présidente a dénoncé des agissements qui « portent atteinte aux fondements de la démocratie » et a rappelé que l’élu avait déjà été condamné pour des faits similaires en 2019. Elle a fustigé un « sentiment d’impunité » et une absence totale de remise en question de la part du prévenu. Le parquet avait requis une peine similaire, assortie d’un an de détention à domicile sous surveillance électronique.

L’association Anti-Corruption, partie civile dans cette affaire, s’est félicitée de la décision, estimant que la justice avait clairement signifié qu’un élu se livrant à de telles pratiques n’a pas sa place à la tête d’une collectivité. À l’inverse, des représentants locaux du Rassemblement national ont critiqué une « exécution politique » et une « négation de l’État de droit », appelant à une nouvelle élection pour garantir la légitimité du successeur.

Deux autres prévenus impliqués dans cette affaire ont également été condamnés. Un membre de la société de parking concernée a écopé de 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et quatre ans d’inéligibilité. Les deux derniers, poursuivis pour subornation de témoin, ont reçu des peines de 12 et 6 mois avec sursis.

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