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La cause animale s’invite dans la présidentielle

La protection animale compte pour une large majorité de Français et s’installe dans les débats de campagne. Les associations pressent les candidats de…

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La cause animale s'invite dans la présidentielle

La protection animale compte pour une large majorité de Français et s’installe dans les débats de campagne. Les associations pressent les candidats de s’engager, mais les promesses restent très inégales.

La protection animale n’est plus un sujet marginal dans la vie politique française. Une enquête d’opinion menée auprès de 1 000 personnes indique que 86 % des Français la considèrent comme une cause importante. Cette attention est particulièrement forte dans les communes rurales et chez les jeunes, dans un pays où la moitié des habitants vivent avec un animal de compagnie.

Les attentes sont concrètes. Les personnes interrogées citent d’abord la sanction des actes de cruauté envers les animaux sauvages libres, qui ne sont pas protégés aujourd’hui. Viennent ensuite l’enseignement du respect des animaux à l’école et l’obligation d’étourdir les animaux avant l’abattage. Des demandes qui touchent à la fois la protection des espèces sauvages, l’éducation et les pratiques d’élevage.

Le sujet a gagné du terrain en une dizaine d’années. Les vidéos très diffusées de L214 ont mis les pratiques d’élevage sous les projecteurs. Le Parti animaliste s’est installé dans le paysage politique avec 2 % aux élections européennes en 2019 et en 2024. La loi de 2021 sur la maltraitance animale et la nomination d’élus chargés de la condition animale dans les municipalités ont donné un cadre à cette mobilisation.

À l’approche de la présidentielle, les associations repartent à l’offensive. Elles organisent des rencontres, des manifestations et préparent la campagne Animaux 2027, portée par un collectif d’une cinquantaine d’organisations. Presque toutes les équipes de campagne ont répondu et accepté des rendez-vous, un changement net par rapport à 2022. Les candidats sont invités à signer une charte de 21 mesures, dont l’application rigoureuse de la loi de 2021, ou le pacte pour le droit animal proposé par la LFDA. Marine Tondelier est la première candidate à avoir signé ce pacte.

Dans les classements de candidats, Marine Tondelier et Marine Le Pen arrivent en tête. Les écologistes ont construit depuis longtemps une position favorable à la condition animale. Marine Le Pen, elle, profite d’une image liée à ses chats et à son activité d’élevage. Cette image masque pourtant les actes. À l’Assemblée nationale, son groupe n’a inscrit aucun texte en faveur des animaux lors de ses trois journées réservées et ses députés ont déposé des amendements très majoritairement défavorables aux animaux. Jean-Luc Mélenchon arrive ensuite, devant Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe et Gabriel Attal.

Les propositions varient fortement d’un camp à l’autre. Le Parti animaliste veut créer un ministère de la Condition animale. Debout la France défend un encadrement des abattoirs avec une vidéosurveillance obligatoire. D’autres formations intègrent la question animale à leur programme plus large. Le type d’animal change aussi la donne. Les responsables politiques s’accordent plus facilement sur les animaux de compagnie. Sur les animaux d’élevage, le clivage droite-gauche reste net, parfois au sein d’un même parti.

Pour cette campagne, la cause animale devrait au minimum s’inviter par le prisme de l’écologie. La pollution liée à l’élevage est comparable à celle de l’industrie. Et l’urgence écologique s’est installée dans le quotidien, ce qui rend la question animale plus difficile à contourner. Les associations espèrent transformer cette attente en engagements précis. Les candidats, eux, avancent encore à des rythmes très différents.

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