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Le Turkménistan, pays reclus, fait un pas timide vers les touristes
Pendant des décennies, le Turkménistan a été l’un des pays les plus difficiles d’accès au monde. Mais depuis deux ans, quelques étrangers commencent à…


Pendant des décennies, le Turkménistan a été l’un des pays les plus difficiles d’accès au monde. Mais depuis deux ans, quelques étrangers commencent à franchir ses frontières pour découvrir un univers de marbre blanc et de cratères en feu.
Devant les ruines millénaires de Nissa, un petit groupe de touristes occidentaux écoute leur guide, appareil photo en main. Une scène banale, sauf ici. Au Turkménistan, cette ex-république soviétique d’Asie centrale reste l’un des États les plus verrouillés de la planète. Pourtant, ces dernières années, une timide ouverture s’esquisse. Nick Frey, un Américain de 28 ans, résume bien le sentiment général. Il ne connaissait rien du pays avant d’y mettre les pieds. Sur YouTube, il n’avait vu que des vidéos le présentant comme “le pays le plus étrange au monde”. Avec ses immeubles en marbre blanc, ses feux tricolores blancs et son cratère gazier qui brûle depuis un demi-siècle, le Turkménistan fascine et intimide.
Le voyage y reste un parcours du combattant. Tout doit être organisé à l’avance par une agence agréée. L’itinéraire est validé par les autorités, les liaisons aériennes limitées, et le visa reste un sésame compliqué à obtenir. Pourtant, Effie Frank, encadrante d’une agence de voyages, constate un changement. Depuis deux ans, elle n’a essuyé aucun refus pour les lettres d’invitation nécessaires au visa. Le régime semble lentement se convaincre des bénéfices du tourisme. Le président Serdar Berdymoukhamedov, fils du dirigeant historique, a même affirmé au printemps que le secteur connaissait une “expansion croissante”. Mais les signes concrets restent fragiles.
Car si les hôtels de luxe poussent dans la capitale Achkhabad et sur la station balnéaire d’Avaza, le reste du pays manque cruellement d’infrastructures. La politique des visas reste parmi les plus restrictives de la région, à l’inverse des voisins kirghizes, kazakhs, ouzbeks ou tadjiks, qui attirent les voyageurs avec leurs paysages et leur héritage historique. Les statistiques touristiques sont devenues secrètes depuis 2018. Un diplomate occidental résume le problème en trois points : volonté politique, visas simplifiés, infrastructures développées. Aucun de ces trois éléments n’est totalement réuni aujourd’hui. Certains espèrent une coopération avec l’Ouzbékistan pour relier les sites archéologiques le long de la Route de la Soie. Mais la loi sur le visa électronique, votée l’an dernier, n’a toujours pas été mise en œuvre. Le Turkménistan ouvre la porte, mais la laisse à peine entrebâillée.





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