Monde
Les talibans accusés de persécuter les Afghans rapatriés de force

L’ONU documente des actes de torture et des détentions arbitraires visant spécifiquement des femmes, des journalistes et d’anciens fonctionnaires.
Un rapport des Nations unies met en lumière les exactions commises par les autorités talibanes à l’encontre des ressortissants afghans contraints de revenir dans leur pays. Ces derniers mois, près de deux millions de personnes ont été expulsées principalement d’Iran et du Pakistan, selon les données du HCR.
Les enquêteurs onusiens ont recueilli des témoignages accablants révélant un schéma de violations systématiques. Les victimes, sélectionnées en fonction de leur profil, subissent des actes de torture, des arrestations sans fondement légal et des menaces directes. Les femmes, les professionnels des médias et les membres de l’ancien appareil d’État figurent parmi les cibles privilégiées, en dépit des promesses d’amnistie formulées par Kaboul.
Le principe international de non-refoulement, qui interdit le renvoi de personnes vers des zones où leur intégrité physique serait menacée, est régulièrement bafoué selon l’organisation internationale. Les talibans, pour leur part, affirment appliquer strictement la charia et garantir les droits de tous les citoyens. Le ministre des Affaires étrangères a récemment qualifié les critiques sur les droits humains de prétexte politique utilisé par certaines capitales pour justifier leur non-reconnaissance du régime.
Cette crise survient dans un contexte de pression accrue sur les communautés afghanes à l’étranger. Plusieurs États, dont l’Allemagne et les États-Unis, ont récemment durci leur politique d’expulsion. Les pays frontaliers comme le Tadjikistan invoquent des motifs sécuritaires et économiques pour justifier ces mesures.
Les agences humanitaires tirent la sonnette d’alarme face à une situation qualifiée de catastrophique. L’interdiction de l’éducation pour les filles et les restrictions draconiennes imposées aux femmes illustrent l’ampleur des régressions en matière de libertés fondamentales. Les appels à suspendre les rapatriements forcés se multiplient alors que les organisations internationales peinent à maintenir leurs programmes d’aide faute de financements suffisants.

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