Planète
Un lynx tué pour défendre une poule, la justice alsacienne aux prises avec la protection des espèces


Une sexagénaire a comparu pour avoir mortellement frappé un jeune félin, une espèce protégée au bord de l’extinction, après qu’il eut attaqué sa volaille. L’affaire soulève des questions complexes sur la défense des animaux domestiques face à la sauvegarde de la faune sauvage.
Le tribunal correctionnel de Strasbourg a examiné, vendredi, une affaire mettant en lumière la tension entre la protection d’un animal de compagnie et la défense stricte d’une espèce sauvage menacée. Une habitante de Niederbronn-les-Bains, dans le nord de l’Alsace, est poursuivie pour la destruction d’un animal d’une espèce protégée, après avoir porté des coups mortels à un jeune lynx.
Les faits remontent à l’automne dernier. Un lynx femelle juvénile, affaibli et en quête de nourriture, avait pénétré dans un enclos abritant des poules. La propriétaire, découvrant l’attaque en cours sur l’une de ses volailles, a tenté dans un premier temps d’éloigner l’animal, qu’elle affirme avoir cru être un chat. Face à la persistance du félin, elle s’est ensuite saisie d’un bâton et l’a frappé à la tête. Alertées, les autorités ont conduit le lynx chez un vétérinaire, où il est décédé peu après.
L’autopsie a révélé que l’animal avait subi plusieurs traumatismes crâniens violents, dont deux fractures. Les associations de protection de la faune, parties civiles, ont souligné le statut critique du lynx boréal en France, où la population est estimée à environ cent cinquante individus seulement. La perte de chaque spécimen, particulièrement dans les Vosges où sa présence est très réduite, représente un coup dur pour la survie de l’espèce.
À l’audience, la prévenue s’est dite profondément affectée par cet épisode, expliquant avoir agi sous le coup de la panique pour sauver sa poule, qu’elle considérait comme un animal familier. Elle a indiqué ne pas avoir remplacé la volaille depuis et éprouver des difficultés à surmonter ces événements.
Le ministère public a contesté le caractère de légitime défense, estimant que la réaction avait été disproportionnée. L’avocate de la défense a pour sa part plaidé que sa cliente, sans expérience de la chasse ni du braconnage, avait été submergée par une situation de stress intense et imprévue.
Le jugement a été mis en délibéré au 20 mai prochain.





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