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Trois anciennes adeptes de Daech expriment leurs remords devant la cour d’assises spéciale de Paris

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Le procès de trois femmes ayant rejoint les rangs de l’organisation État islamique en Syrie s’est ouvert sur des aveux et une forme de contrition, marquant les premiers jours d’une audience qui s’annonce aussi complexe qu’émouvante.

Jennyfer Clain, âgée de 34 ans, a immédiatement reconnu les faits qui lui sont reprochés. Dès l’ouverture des débats, elle a déclaré avoir adhéré à ce qu’elle qualifie elle-même de « groupe terroriste et meurtrier ». Elle a exprimé des regrets profonds, tout en soulignant l’impossibilité de revenir sur ses choix passés. Son nom renvoie directement à celui de ses oncles, Jean-Michel et Fabien Clain, figures connues de la propagande de l’EI, présumés décédés en Syrie après avoir été condamnés par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité en 2022.

À ses côtés comparaissent Christine Allain, sa belle-mère âgée de 67 ans, et Mayalen Duhart, son ancienne belle-sœur. Cette dernière est la seule des trois à être libre durant le procès, ayant indiqué exercer désormais une activité professionnelle dans une boulangerie. Toutes trois encourent une peine maximale de trente ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Le parcours de ces femmes converge autour d’un engagement commun en Syrie à partir de 2014. Jennyfer Clain y avait rejoint son mari, Kevin Gonot, qu’elle avait épousé à l’âge de seize ans sous l’influence de son oncle. Devant la cour, elle a évoqué une jeunesse marquée par un environnement rigoriste, soulignant que devenir mère lui avait ouvert les yeux sur certaines contraintes subies durant son adolescence.

Mayalen Duhart a pour sa part raconté avoir été incitée à se convertir à l’islam par son compagnon, Thomas Collange, qu’elle avait rencontré au Pays basque puis retrouvé à Toulouse. Le couple s’était rendu à plusieurs reprises en Syrie avant de s’y installer définitivement.

Arrêtées en Turquie en 2019 puis rapatriées en France avec neuf enfants âgés de 3 à 13 ans, les trois accusées ont vécu deux années d’errance après la chute de Raqqa, suivant les vestiges de l’EI le long de l’Euphrate. Leurs époux respectifs avaient été interpellés durant cette retraite, l’un d’eux ayant été condamné à la perpétuité en Irak.

L’instruction a établi que ces femmes avaient sciemment rejoint le califat après son instauration, bénéficiant de salaires et de logements fournis par l’organisation. Outre l’accusation principale, deux d’entre elles sont également poursuivies pour avoir délibérément conduit leurs mineurs dans une zone de conflit armé.

Le procès se poursuivra jusqu’à la fin du mois, laissant entrevoir des audiences où se mêleront analyse juridique et récits personnels d’engagements radicalisés et de reconstructions.

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