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La diplomatie iranienne sillonne les capitales régionales, Washington reste en retrait

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Téhéran multiplie les consultations avec ses alliés traditionnels alors que les États-Unis annulent une mission de médiation et maintiennent leur position de fermeté.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a quitté Islamabad dimanche pour se rendre à Moscou, selon une annonce de son ministère. L’ambassadeur d’Iran en Russie a indiqué que cette visite prévoit une rencontre avec le président Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, bien que le Kremlin n’ait pas confirmé officiellement cet entretien. Cette tournée s’inscrit dans une vaste offensive diplomatique destinée à consolider les soutiens dans le conflit qui oppose la République islamique aux États-Unis.

Depuis près de trois semaines, le Pakistan demeure un acteur central des efforts de médiation, mais aucune perspective de dialogue direct entre Téhéran et Washington ne se dessine. Avant de rejoindre Oman pour s’entretenir avec le sultan Haitham ben Tariq, M. Araghchi avait rencontré samedi le chef de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, ainsi que le Premier ministre Shehbaz Sharif. Il s’est également entretenu par téléphone avec son homologue turc, Hakan Fidan. Selon l’agence iranienne Fars, Téhéran aurait transmis via le Pakistan des messages écrits aux Américains concernant ses lignes rouges, notamment sur le programme nucléaire et le détroit d’Ormuz, actuellement soumis à un double blocus.

Les tentatives de relance des discussions esquissées début avril dans la capitale pakistanaise se heurtent à l’intransigeance affichée par l’Iran. Donald Trump a annulé samedi le déplacement prévu au Pakistan de son gendre Jared Kushner et de son envoyé spécial Steve Witkoff. Interrogé sur Fox News, le président américain a déclaré ne plus envisager de négociations directes avec Téhéran, tout en invitant les dirigeants iraniens à le contacter par des canaux sécurisés. « Nous avons fait du très bon travail, cela va se terminer bientôt, et nous serons très victorieux », a-t-il ajouté.

En mer d’Arabie, l’armée américaine a annoncé avoir intercepté un navire sous sanctions pour des activités liées au transport de produits énergétiques iraniens. Le bâtiment a ensuite été escorté vers l’Iran. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient précise que trente-sept navires ont été redirigés depuis le début du blocus américain des ports iraniens. En réponse, le commandement des forces armées iraniennes a menacé Washington d’une riposte militaire, qualifiant ces actions de « piraterie ».

Au Liban, les frappes israéliennes dans le sud du pays ont fait quatorze morts dimanche, soit le bilan quotidien le plus lourd depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a neuf jours. Selon le ministère libanais de la Santé, deux femmes et deux enfants figurent parmi les victimes, et trente-sept personnes ont été blessées. L’armée israélienne a déploré la mort d’un soldat et six blessés lors de combats au Liban. Benjamin Netanyahu et le Hezbollah s’accusent mutuellement de violer la trêve, que Donald Trump avait annoncée prolongée de trois semaines jeudi dernier. Le Premier ministre israélien estime que les violations du Hezbollah « démantèlent de fait le cessez-le-feu », tandis que le mouvement chiite promet de continuer à riposter à ce qu’il considère comme des infractions israéliennes.

Depuis le 2 mars, les opérations israéliennes au Liban ont causé la mort de plus de 2 500 personnes. Au moins trente-six décès ont été recensés depuis l’entrée en vigueur de la trêve le 17 avril.

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