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Mimi Costa, figure historique du banditisme corse, comparaît pour un homicide commis en 2019
L’octogénaire, considéré comme l’un des derniers représentants de la pègre insulaire, nie toute implication dans la mort d’Antoine Francisci, jeune homme abattu dans des circonstances troubles.
Dominique Costa, surnommé « Mimi », a fait face à la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Âgé de 70 ans, cet homme aux allures modestes — petites lunettes et polo blanc — clame son innocence depuis le début de son incarcération il y a plus de cinq ans. « Je n’ai rien à voir avec cette affaire, je suis agriculteur, je suis resté au village », a-t-il répété lors de son audition.
Le corps sans vie d’Antoine Francisci, 22 ans, avait été découvert au petit matin du 13 mai 2019 sur une route de Pietralba, en Haute-Corse, non loin de Moltifao, fief de la famille Costa. Le jeune homme avait été atteint par plusieurs coups de fusil de chasse. À ses côtés gisait un buggy renversé, préalablement volé.
Les investigations ont rapidement établi que la cible initiale des tireurs n’était autre que Laurent Emmanuelli, proche de la victime et figure montante du banditisme local. Ce dernier, conducteur habituel du véhicule, suivait ce soir-là Antoine Francisci dans un convoi. Les tensions entre le clan Emmanuelli, cherchant à s’implanter en Balagne, et les Costa, bien établis dans la région, auraient motivé l’attaque.
Dominique Costa est également poursuivi pour tentative de meurtre en bande organisée à l’encontre de Laurent Emmanuelli. Ce dernier fera l’objet d’une procédure distincte pour avoir altéré la scène de crime et omis de dénoncer les faits.
Les enquêteurs s’appuient sur des interceptions téléphoniques et des traçages de véhicules pour étayer leur thèse. Ils affirment que Mimi Costa aurait ordonné à deux de ses proches, Pierre-Louis Vignali et Mathieu Fondacci, de « descendre voir ce con-là » le jour des faits. Tous deux sont coaccusés de meurtre et tentative de meurtre en bande organisée.
D’autres membres présumés du clan, François Santelli et Nicolas Vinciguerra, sont poursuivis pour vol, recel et participation à une association de malfaiteurs.
Considéré par les enquêteurs comme le donneur d’ordre en raison de son âge, de son passé délinquant et de son autorité au sein du milieu, Mimi Costa avait déjà été condamné en 2015 pour blanchiment et extorsion. Il est le frère de Maurice Costa, baron présumé de la Brise de mer, abattu en 2012.
La défense de l’accusé a demandé le renvoi de l’affaire, contestant le manque de preuves matérielles et l’absence de réponse à certaines requêtes, notamment des expertises ADN. Tous les prévenus nient les charges retenues contre eux.
Ce procès, qui s’inscrit dans un contexte de violences persistantes entre groupes rivaux en Corse, devrait se poursuivre jusqu’au début du mois d’octobre.
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