Politique
Macron reprend sa tournée sur la régulation numérique face aux accusations d’autoritarisme


Le chef de l’État poursuit ses consultations sur les réseaux sociaux et la désinformation, dans un contexte de vives tensions politiques suscitées par ses propos sur une labellisation des médias.
Emmanuel Macron se rend ce mercredi à Saint-Malo pour un nouvel échange dans le cadre de sa série de débats consacrés à l’influence des plateformes numériques sur la vie démocratique. Cette rencontre avec des lecteurs d’un quotidien régional porte sur les défis posés par les algorithmes et les réseaux sociaux. Cette étape bretonne s’inscrit dans une tournée lancée il y a plusieurs semaines, qui a déjà conduit le président à Toulouse, Arras et Mirecourt, et qui doit se poursuivre prochainement à Marseille.
L’objectif affiché de ces discussions est d’élaborer une adaptation du cadre législatif afin de mieux encadrer les contenus diffusés en ligne, lesquels échappent largement aux dispositions de la loi sur la presse de 1881. L’exécutif entend aboutir à des mesures précises au début de l’année prochaine. Plusieurs pistes ont d’ores et déjà été évoquées publiquement par le chef de l’État.
L’une d’entre elles, concernant la promotion d’un système de labellisation visant à identifier les sources d’information respectant des règles déontologiques, a provoqué une controverse significative. Des déclarations faites à Arras, dans lesquelles Emmanuel Macron affirmait vouloir « tout faire » pour qu’un tel label voie le jour tout en précisant que l’État n’aurait pas à le délivrer lui-même, ont été largement reprises et interprétées.
Une partie de la classe politique et certains éditorialistes y ont vu l’amorce d’une dérive autoritaire, évoquant, par analogie polémique, un hypothétique « ministère de la Vérité ». Ces critiques, initialement relayées par un hebdomadaire, ont ensuite été amplifiées par des groupes médiatiques conservateurs et par des figures de l’opposition de droite et d’extrême droite. Ces derniers accusent le pouvoir en place de chercher à instrumentaliser la lutte contre les fausses informations pour contrôler le débat public.
La présidence a fermement rejeté ces accusations. En Conseil des ministres, il a été précisé que l’idée d’un « label d’État » n’avait « jamais » été à l’étude, et encore moins celle d’une structure administrative évoquant la fiction orwellienne. Le compte officiel de l’Élysée est même intervenu sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’il a présenté comme un détournement du débat, soulignant que les propos sur la désinformation avaient eux-mêmes généré des interprétations erronées. Cette réaction n’a pas apaisé les tensions, suscitant au contraire une nouvelle vague de commentaires dénonçant une volonté de contrôle.
Lors de son déplacement en Bretagne, le président doit également aborder le sujet spécifique de la désinformation relative aux enjeux climatiques, à la date symbolique du dixième anniversaire de l’accord de Paris.





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