Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

L’Europe débloque un prêt de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine et se retrouve à Chypre avec Zelensky

Article

le

Les Vingt-Sept lèvent le veto hongrois et approuvent une aide financière massive à Kiev, tandis que le sommet de l’UE s’ouvre dans un contexte de tensions géopolitiques et de crise énergétique.

Après plusieurs mois d’opposition de Budapest, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont finalement donné leur feu vert à un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. La décision, annoncée en amont d’un sommet informel à Chypre, a été accueillie avec satisfaction par les dirigeants européens, qui doivent rencontrer Volodymyr Zelensky jeudi soir. Les Vingt-Sept ont également entériné un vingtième train de sanctions contre la Russie, ciblant cette fois le secteur bancaire et renforçant les restrictions sur les exportations de pétrole russe.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué l’arrivée à Chypre avec des nouvelles encourageantes. Alors que Moscou intensifie ses actions offensives, l’Europe entend accroître son soutien à Kiev et maintenir la pression sur l’économie de guerre russe. De son côté, Volodymyr Zelensky a exprimé sa gratitude pour ce prêt, qui doit selon lui renforcer les capacités militaires ukrainiennes et accroître la résilience du pays. Il a indiqué espérer un premier versement d’ici la fin mai ou le début juin. Toutefois, le président ukrainien a également mis en garde ses partenaires européens, estimant que son pays mérite une intégration pleine et entière à l’Union, et non des avantages symboliques.

Ce revirement diplomatique illustre les conséquences de la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie. Le gouvernement hongrois a levé son veto après la reprise des livraisons de pétrole russe via un oléoduc traversant l’Ukraine. Les responsables européens, qui avaient vivement critiqué l’attitude de Budapest lors du sommet de mars à Bruxelles, peuvent désormais souffler. Le sommet chypriote se déroule d’ailleurs sans Orban, battu aux législatives par Peter Magyar et sur le point de quitter le pouvoir après seize années à la tête du pays.

Réunion informelle, ce sommet n’appelle pas de décisions majeures. Les discussions devraient toutefois porter sur la guerre au Moyen-Orient, alors que l’île de Chypre, divisée depuis 1974, revêt une dimension symbolique. Vendredi, les dirigeants européens doivent partager un déjeuner de travail avec plusieurs chefs d’État de la région, notamment le président libanais Joseph Aoun, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le dirigeant syrien Ahmed al-Chareh et le prince héritier de Jordanie, Hussein ben Abdallah.

Les Européens, bien que disposant de leviers limités, entendent maintenir un dialogue soutenu avec les acteurs régionaux. La situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban figurent parmi les sujets prioritaires. Le conflit a par ailleurs des répercussions économiques lourdes pour l’Europe. Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran a entraîné une hausse de 24 milliards d’euros de la facture énergétique européenne en sept semaines. Face à cette crise, les États membres multiplient les mesures coûteuses pour soutenir les secteurs les plus vulnérables, comme l’industrie lourde, l’agriculture et la pêche. Bruxelles surveille également de près une éventuelle pénurie de kérosène.

L’Union européenne a multiplié les recommandations pour accélérer l’électrification du continent, mais sans annonces financières majeures. Les finances de l’UE et de ses États membres, notamment celles de la France, sont en effet sous tension. Ce volet budgétaire sera abordé lors du sommet, avec des discussions sur le futur budget européen pour la période 2028-2034, estimé à quelque 2 000 milliards d’euros. Les négociations s’annoncent délicates entre Paris, favorable à davantage d’investissements européens, et Berlin, soucieux de rigueur budgétaire. Les responsables européens espèrent un accord d’ici la fin de l’année, redoutant une paralysie lors de la longue séquence électorale de 2027, marquée par des législatives dans plusieurs États membres et une élection présidentielle en France où l’extrême droite menace de réduire la contribution française au budget européen.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus