Économie
Bernard Arnault repousse l’échéance de sa succession et fixe le cap pour LVMH


Le PDG du géant du luxe a renvoyé à plusieurs années le débat sur sa succession lors de l’assemblée générale des actionnaires, tout en affichant sa confiance dans les perspectives du groupe à moyen terme.
Devant les actionnaires réunis jeudi à Paris, le patron de LVMH a esquivé les questions sur l’identité de son potentiel successeur. Interrogé sur ses cinq enfants, tous employés au sein du groupe, Bernard Arnault a rappelé que son mandat avait été renouvelé l’an dernier pour une décennie. Il a invité son auditoire à reporter cette discussion dans sept ou huit ans. En 2025, l’assemblée générale avait approuvé une modification des statuts repoussant à 85 ans la limite d’âge du dirigeant.
Si l’homme d’affaires de 77 ans n’a jamais désigné de successeur, quatre de ses enfants siègent désormais au conseil d’administration de LVMH. Deux d’entre eux, Antoine et Delphine Arnault, ont intégré le comité exécutif. La question de la succession alimente régulièrement les spéculations. La seconde épouse du milliardaire, Hélène Mercier, a récemment démenti toute tension entre ses trois fils et les deux aînés.
Pour la première fois en assemblée générale, le patriarche a donné la parole à chacun de ses enfants. Jean, Frédéric, Alexandre, Delphine et Antoine se sont succédé pour présenter leurs domaines respectifs. Bernard Arnault a ironisé sur leur ambition supposée avant de souligner leur compétence dans leurs secteurs d’activité respectifs.
Au-delà de la question successorale, le dirigeant a exposé sa vision pour les années à venir. Il a insisté sur l’importance de définir la trajectoire du groupe à cinq ans, évoquant des atouts considérables pour maintenir sa position de leader dans un secteur du luxe qui traverse un ralentissement. Il s’est fixé pour objectif de faire de Tiffany, la joaillerie acquise en 2021 pour près de 14 milliards d’euros, la première marque mondiale dans son domaine. Il a estimé cet objectif atteignable d’ici cinq ans.
Bernard Arnault a affirmé sa confiance dans l’évolution du groupe à cet horizon, précisant qu’il profitait des baisses récentes du cours de l’action pour en racheter. Sa famille a d’ailleurs porté sa participation à 50,01% du capital, représentant près de 66% des droits de vote.
Le groupe subit actuellement un ralentissement au Moyen-Orient, une région qui représente environ 6% de ses ventes totales. Cette situation a coûté un point de croissance organique au premier trimestre. Le PDG a estimé que l’évolution des affaires dépendrait du dénouement de cette crise. Il a envisagé deux scénarios. Soit une catastrophe mondiale aux conséquences économiques graves, rendant l’année 2026 très incertaine. Soit une résolution plus rapide, permettant une reprise progressive de l’activité.





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