Monde
Le détroit d’Ormuz, nouvel épicentre de la confrontation américano-iranienne
Donald Trump a donné l’ordre à la marine américaine de détruire les embarcations iraniennes qui minent le détroit d’Ormuz, intensifiant une escalade maritime qui paralyse l’une des voies les plus stratégiques pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Le président américain a annoncé jeudi avoir sommé ses forces navales d’éliminer tout bateau iranien procédant à des opérations de minage dans cette zone clé. Dans un message publié sur son réseau social, il a exigé une action sans hésitation, alors que les tensions autour de ce corridor maritime ne cessent de s’aggraver. Cette décision intervient dans un contexte où les deux camps multiplient les saisies et les inspections de navires, sans aucune avancée diplomatique notable.
Quelques heures plus tôt, le Pentagone avait indiqué que ses troupes avaient arraisonné et inspecté un navire transportant du pétrole iranien sous sanctions internationales dans l’océan Indien. Il s’agit de la deuxième opération de ce type en une semaine. Washington affirme vouloir perturber les réseaux illicites et intercepter tout bâtiment apportant un soutien matériel à Téhéran, quel que soit son lieu d’opération.
De son côté, l’Iran ne relâche pas la pression. Après avoir saisi deux navires mercredi dans le détroit, les autorités iraniennes répètent que la voie ne sera rouverte que si les États-Unis lèvent le blocus imposé aux ports iraniens depuis le 13 avril. Un haut responsable a même confirmé que Téhéran avait déjà perçu les premiers droits de passage unilatéralement imposés dans cette zone.
Le détroit d’Ormuz, passage obligé pour une part considérable du transport mondial de pétrole et de gaz, est devenu le principal foyer des hostilités. Depuis le début du conflit israélo-américain contre l’Iran le 28 février, Téhéran n’autorise qu’un nombre très restreint de navires à franchir cette voie. Les passages ont chuté de manière spectaculaire depuis dimanche, tandis que les incidents impliquant des bâtiments commerciaux se multiplient.
Des spécialistes interrogés estiment que le blocus américain pourrait ralentir la production pétrolière iranienne, mais qu’il serait hasardeux de prédire un effondrement économique du pays. L’Iran a démontré par le passé sa capacité à encaisser des baisses massives de ses revenus pétroliers lors des précédentes vagues de sanctions. Sa résilience ne doit pas être sous-estimée.
Par ailleurs, même en cas d’accord entre les belligérants, le déminage du détroit d’Ormuz pourrait nécessiter six mois, ce qui pèserait lourdement sur les cours mondiaux des hydrocarbures. Le Pentagone a présenté cette estimation lors d’une session classifiée devant le Congrès américain.
Les Européens, bien que relégués en marge des négociations, poursuivent leurs efforts. Une réunion s’est tenue jeudi à Londres pour élaborer un plan de sécurisation du détroit, une fois la paix rétablie au Moyen-Orient. Cette perspective semble encore lointaine. Les discussions entre Américains et Iraniens, qui devaient reprendre à Islamabad après une première session le 11 avril, demeurent suspendues. La capitale pakistanaise, placée sous haute surveillance, tourne au ralenti dans l’attente d’une éventuelle arrivée des délégations. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a exprimé l’espoir que les deux parties parviennent à conclure un accord de paix.
Sur un autre front majeur, au Liban, cinq personnes dont une journaliste ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes sur le sud du pays, en dépit de la trêve entre Israël et le Hezbollah, en vigueur depuis le 17 avril et qui expire dimanche. Le président libanais Joseph Aoun a accusé Israël de cibler délibérément les journalistes, dénonçant des crimes de guerre. Israël et le Liban doivent reprendre des discussions à Washington, tandis que Beyroupt entend demander une prolongation d’un mois de la trêve et l’arrêt des opérations de destruction israéliennes dans le sud. Depuis le début de la guerre au Liban le 2 mars, Israël a pris le contrôle d’une bande de territoire d’une dizaine de kilomètres le long de la frontière. Le dernier bilan officiel fait état d’au moins 2 454 morts en six semaines de conflit.
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