Monde
La Roumanie plonge dans une nouvelle crise politique après le départ des sociaux-démocrates de la coalition au pouvoir
Le Parti social-démocrate (PSD), principale force parlementaire du pays, a annoncé jeudi son retrait de l’alliance gouvernementale, privant le Premier ministre Ilie Bolojan de sa majorité et précipitant la Roumanie dans une période d’incertitude politique.
Le PSD, qui détient environ 130 sièges sur 465 au Parlement, a officialisé sa décision par un communiqué cinglant. Le parti estime que le chef du gouvernement n’a plus la légitimité démocratique nécessaire pour diriger le pays, faute de soutien majoritaire dans l’hémicycle. Cette rupture intervient après des mois de tensions au sein de la coalition pro-européenne formée en juin 2025, dans un contexte politique déjà fragilisé par la montée de l’extrême droite et l’annulation de la présidentielle pour des soupçons d’ingérence russe.
Depuis son arrivée au pouvoir, Ilie Bolojan a engagé un vaste plan d’austérité, avec une hausse des impôts destinée à réduire le déficit budgétaire, le plus élevé de l’Union européenne. Ces mesures impopulaires ont creusé le fossé avec le PSD, dont l’électorat se tourne progressivement vers les formations nationalistes, alors que l’inflation atteint 9,87% sur un an en mars, un record dans l’UE.
Le parti dirigé par Sorin Grindeanu s’est dit prêt à participer à un nouvel exécutif pro-européen, sous l’autorité d’un autre Premier ministre, qu’il soit issu de la classe politique ou du monde technocratique. Mais Ilie Bolojan, réformateur reconnu pour sa lutte contre le gaspillage des deniers publics et son attachement aux financements européens, a exclu toute démission. Il a remercié les ministres démissionnaires pour leur travail et annoncé la mise en place d’un gouvernement intérimaire, tout en assurant lui-même le portefeuille de l’Énergie.
Le président Nicusor Dan, après avoir consulté les partis de la coalition mercredi, a appelé à l’apaisement et réaffirmé l’ancrage européen du pays. Il a promis que la Roumanie maintiendrait le cap sur les réformes budgétaires et l’accès aux fonds européens, menacés d’être suspendus si des mesures supplémentaires n’étaient pas adoptées d’ici août.
Le politologue Sergiu Miscoiu estime que le Premier ministre peut encore gouverner avec des ministres intérimaires pendant 45 jours, mais qu’il ne pourra pas survivre au-delà sans un appui parlementaire solide. Il déplore l’irresponsabilité des forces politiques, qui plonge le pays dans une nouvelle crise. Selon lui, les atouts de la Roumanie, notamment sa stabilité et l’unité des forces pro-européennes face au populisme, sont aujourd’hui sacrifiés.
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