Économie
L’État en mode dégradé, les citoyens en première ligne
_**En l’absence de loi de finances pour 2026, le Parlement a dû voter une loi spéciale. Cette procédure exceptionnelle, qui assure la continuité des services publics, entraîne dans son sillage la suspension de plusieurs mesures sociales et fiscales attendues par les Français.**_
L’adoption d’une loi de finances rectificative, intervenue ce mardi, permet à l’exécutif de poursuivre son action malgré le blocage du budget initial. Cette solution transitoire, validée par les deux chambres, maintient les dépenses de l’État à leur niveau actuel mais gèle toute initiative nouvelle nécessitant un financement supplémentaire. Le Premier ministre a exprimé son espoir de voir le budget définitif adopté rapidement au début de l’année prochaine.
Parmi les dispositifs immédiatement affectés figure l’aide à la rénovation énergétique des logements. Les demandes déjà instruites avant le premier janvier seront honorées, mais le guichet est désormais clos pour les nouveaux dossiers, laissant en suspens de nombreux projets de travaux. Le monde agricole n’est pas épargné. Si les crédits pour lutter contre l’épizootie bovine sont préservés, l’enveloppe de soutien de 130 millions d’euros destinée aux viticulteurs confrontés aux aléas climatiques est, elle, reportée sine die.
Le domaine fiscal subit également les contrecoups de cette situation. Près de deux cent mille ménages, jusqu’ici non imposables, pourraient se voir réclamer l’impôt sur le revenu l’an prochain. Cette conséquence découle de l’absence de revalorisation du barème, qui n’a pas pu être indexé sur l’inflation. Par ailleurs, la réforme de l’abattement pour les pensions de retraite, qui devait évoluer vers un forfait, est mise en attente. Les retraités conserveront donc provisoirement le dispositif actuel.
L’Éducation nationale n’échappe pas à ces gelées budgétaires. La refonte des concours de recrutement des enseignants, conçue pour atténuer la pénurie de professeurs en ouvrant les épreuves aux étudiants en fin de licence, est ajournée. Cette suspension pourrait perturber l’organisation des sessions prévues au printemps. Enfin, la hausse de la taxe sur les petits colis en provenance de pays tiers, dont le montant devait passer de deux à cinq euros, n’entrera pas en vigueur pour le moment.
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