Économie
Les Bourses européennes retiennent leur souffle face à la trêve prolongée au Moyen-Orient


Les places financières du Vieux Continent ont accueilli avec circonspection, ce mercredi, l’extension du cessez-le-feu au Moyen-Orient, un répit qui laisse pourtant le détroit d’Ormuz sous blocus.
Les indices boursiers oscillent entre l’impact des dernières annonces de la Maison-Blanche et la publication des résultats trimestriels des grandes entreprises, en particulier dans le secteur des nouvelles technologies. Vers 08H00 GMT, la Bourse de Paris affichait une stabilité relative, tiraillée entre les déclarations présidentielles américaines et les performances décevantes de certains groupes comme Bureau Veritas, dont le titre chutait de plus de 11%, ou Eurofins Scientific, en recul de près de 9%. Francfort progressait légèrement, tout comme Milan et Londres, cette dernière étant particulièrement sensible aux fluctuations du pétrole. Le Brent s’échangeait autour de 98 dollars le baril, tandis que le WTI américain reculait à 89 dollars.
Les cours de l’or noir avaient connu une hausse marquée la veille, portés par les discussions entre Washington et Téhéran autour de la trêve. Les réserves énergétiques s’amenuisent, et certains observateurs estiment que les pays européens ne disposeraient plus que de quelques semaines de stocks pétroliers. Le cessez-le-feu semble se maintenir ce mercredi matin dans la région du Golfe, mais le blocus des ports iraniens persiste, laissant planer une incertitude sur les marchés. Les investisseurs évoluent dans une zone grise, le risque n’ayant pas disparu mais simplement été reporté. La prolongation de la trêve pourrait déjà être intégrée dans les cours, et la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz risque d’accroître la nervosité ambiante.
En Asie, la tendance était contrastée. L’indice hongkongais Hang Seng reculait, tandis que le Nikkei à Tokyo et le Kospi à Séoul terminaient dans le vert, portés par les valeurs technologiques. Ce secteur bénéficie d’un regain d’intérêt, soutenu par une intelligence artificielle résiliente malgré les tensions géopolitiques et la crise énergétique. Les fabricants coréens de puces mémoire, en particulier, disposent d’un pouvoir de fixation des prix non négligeable en raison d’une pénurie d’offre. Outre-Atlantique, Tesla doit publier ses résultats ce mercredi, les analystes anticipant une croissance de son chiffre d’affaires comprise entre 13 et 17% par rapport à l’année précédente.
Sur le marché obligataire, les taux d’intérêt restaient stables malgré une hausse de l’inflation au Royaume-Uni. Le taux d’inflation britannique a grimpé à 3,3% sur un an en mars, contre 3% en février, sous l’effet de l’envolée des prix des hydrocarbures liée au conflit au Moyen-Orient. Cette pression inflationniste influence les rendements obligataires, les prêteurs exigeant des taux plus élevés pour se prémunir contre l’érosion de la valeur réelle de leurs créances. Le taux britannique à dix ans restait quasi stable, tout comme le Bund allemand et le taux français. Il est peu probable qu’un seul chiffre d’inflation suffise à modifier la politique monétaire de la Banque d’Angleterre la semaine prochaine.





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