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Économie

L’inflation britannique repart à la hausse sous l’effet du conflit au Moyen-Orient

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L’indice des prix à la consommation a grimpé à 3,3% en mars, porté par la flambée des carburants liée aux tensions géopolitiques, alors que l’économie du Royaume-Uni commençait tout juste à montrer des signes de reprise.

Le taux d’inflation au Royaume-Uni a connu une accélération notable en mars, atteignant 3,3% sur un an contre 3% le mois précédent, selon les données publiées par l’Office national des statistiques. Cette progression, conforme aux prévisions des analystes, trouve son origine dans l’envolée des prix des carburants, qui ont enregistré leur plus forte augmentation depuis près de trois ans, comme l’a souligné Grant Fitzner, économiste en chef de l’institut statistique.

Cette nouvelle donne intervient alors que l’économie britannique semblait amorcer une dynamique positive, avec une croissance surprise du produit intérieur brut de 0,5% en février et un taux de chômage tombé à 4,9%. Toutefois, la conjoncture internationale a brutalement modifié la donne. Joe Nellis, économiste chez MHA, observe que les autorités croyaient avoir maîtrisé l’inflation, mais que les circonstances ont changé, exposant la fragilité du pays face aux chocs extérieurs et rendant plus incertain l’objectif de retour à une inflation de 2%.

Le Royaume-Uni n’est pas isolé dans cette situation. Les États-Unis ont vu leur indice des prix bondir à 3,3% en mars, tandis que la zone euro a enregistré une hausse à 2,6%. Cette tendance générale découle du conflit déclenché fin février au Moyen-Orient, qui a provoqué une flambée des cours du pétrole et du gaz. Le gouvernement travailliste de Keir Starmer, déjà fragilisé par des affaires politiques internes, subit une pression accrue. La ministre des Finances, Rachel Reeves, a déclaré que cette guerre, bien que non initiée par le Royaume-Uni, alourdissait les factures des ménages et des entreprises, et a réaffirmé sa priorité de maintenir les coûts au plus bas.

Pour répondre à cette situation, l’exécutif a annoncé une réforme visant à limiter l’impact de la hausse du gaz sur les prix de l’électricité, en encourageant le recours aux énergies renouvelables. Le pays, dont les finances publiques sont très contraintes, figure parmi les rares nations occidentales à n’avoir pas encore déployé de nouvelles aides directes face à la flambée des prix à la pompe. Un gel de la taxe sur les carburants, en vigueur depuis plusieurs années, doit théoriquement être supprimé progressivement à partir de septembre.

Alors qu’un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril et semble se maintenir, les experts restent prudents. Joe Nellis prévient que même en cas de résolution rapide du conflit, l’inflation ne baisserait pas brutalement, car les coûts déjà intégrés par les acteurs économiques mettent du temps à se dissiper et les mécanismes de fixation des prix s’ajustent lentement à la baisse. Malgré cette hausse de l’inflation, la Banque d’Angleterre devrait probablement s’abstenir de relever son principal taux directeur lors de sa prochaine réunion.

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