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Économie

Le Turkménistan, géant gazier sous l’influence de Pékin

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_**Le pays d’Asie centrale, doté d’immenses réserves de gaz, voit ses exportations se concentrer toujours davantage vers la Chine, malgré des projets de diversification qui peinent à aboutir.**_

Dans les étendues arides du désert du Karakoum, le développement du gigantesque gisement de Galkynysh mobilise des équipes et des technologies venues de Chine. Ce projet, présenté comme un pilier de la prospérité nationale, illustre cependant la relation asymétrique qui unit Achgabat à Pékin. Le Turkménistan, qui possède les quatrièmes réserves mondiales de gaz naturel, voit aujourd’hui l’écrasante majorité de ses ventes à l’étranger destinées au marché chinois.

Cette dépendance s’est construite progressivement après la rupture des exportations vers la Russie en 2009. Le gazoduc « Asie centrale-Chine », inauguré la même année, est devenu l’artère vitale de l’économie turkmène. Les autorités locales saluent régulièrement ce partenariat stratégique, essentiel pour un État dont les finances reposent largement sur les hydrocarbures. Pourtant, cette situation crée une vulnérabilité, Pékin disposant de multiples fournisseurs tandis que le Turkménistan manque cruellement de débouchés alternatifs.

Les projets de diversification existent sur le papier. Le champ de Galkynysh est ainsi envisagé comme la future source d’approvisionnement du gazoduc TAPI, destiné à relier le Turkménistan à l’Inde via l’Afghanistan et le Pakistan. Un autre axe, vers la mer Caspienne, pourrait à terme approvisionner l’Europe. Ces initiatives se heurtent toutefois à des obstacles majeurs, qu’il s’agisse de l’instabilité en Afghanistan, du financement des infrastructures ou de la difficulté à sécuriser des engagements d’achat à long terme de la part de clients autres que la Chine.

En l’absence de ces alternatives, chaque nouvelle phase de développement à Galkynysh, souvent conduite par des entreprises chinoises, renforce de fait les liens avec Pékin. Les observateurs pointent le paradoxe d’un pays disposant d’une immense richesse souterraine mais d’une capacité limitée à en tirer profit de manière autonome. Sur le plan intérieur, le régime met en avant les retombées économiques et les créations d’emplois liées à ces grands chantiers, présentés comme la voie vers la modernisation et la maîtrise des technologies de pointe.

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