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Le procès de Saint-Étienne plonge dans les coulisses d’un chantage présumé

L’ouverture des débats à Lyon a vu deux anciens collaborateurs reconnaître leur implication dans la réalisation d’une vidéo compromettante, tandis que l’un d’eux impute directement la initiative au maire de la ville.
Le tribunal correctionnel de Lyon a entamé l’examen d’une affaire aux ramifications politiques et personnelles complexes. Deux anciens proches, Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet, ont reconnu leur participation à la mise en scène d’une séquence filmée à l’insu de Gilles Artigues, alors premier adjoint au maire de Saint-Étienne. Les images, tournées en 2015 dans une chambre d’hôtel parisienne, montreraient l’élu en compagnie d’un prostitué.
Samy Kéfi-Jérôme, ancien adjoint à l’Éducation, a indiqué à la barre que cette manœuvre avait été sollicitée par le directeur de cabinet de l’époque, Pierre Gauttieri, afin de révéler ce qu’il a qualifié d’« homosexualité refoulée » de M. Artigues. En contrepartie, un soutien du maire aux législatives de 2017 lui aurait été promis. Bien qu’il n’ait pas apporté de preuve directe de l’implication de Gaël Perdriau, le témoin a laissé entendre qu’une telle opération n’aurait pu être menée sans son accord.
Le récit de Gilles Rossary-Lenglet s’est révélé plus incisif. Ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme, il a affirmé avoir proposé lui-même ce qu’il a nommé un « barbouzage de mœurs », destiné à empêcher M. Artigues de mener une action déloyale après une alliance électorale conclue lors des municipales de 2014. Il a déclaré avoir perçu 40 000 euros, issus de fonds publics détournés via des subventions fictives, en échange de son concours.
Quatre responsables associatifs, qui auraient servi d’intermédiaires sans connaître la finalité des transactions, sont également poursuivis pour abus de confiance. Gilles Rossary-Lenglet a justifié son implication par l’attitude qu’il attribue à M. Artigues, évoquant une « promotion de l’homophobie ». La présidente du tribunal a toutefois mis en doute la crédibilité de son témoignage, soulignant une forme de complaisance dans l’accusation portée contre les autres protagonistes.
Gaël Perdriau, qui risque une peine de dix ans d’emprisonnement et l’inéligibilité, conteste toute participation aux faits qui lui sont reprochés. Son avocat a rappelé sa volonté de se représenter aux municipales de 2026, après avoir levé ce qu’il qualifie d’« épée de Damoclès ». L’audience se poursuivra avec l’audition des autres prévenus, dont celle du maire pourrait intervenir dans la semaine.

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