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Le paludisme refait surface à Mayotte, la menace plane à nouveau sur l’archipel

Après des années sans transmission locale, la maladie revient dans plusieurs villages de l’île. Les autorités sanitaires s’inquiètent d’une situation qui…

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Le paludisme refait surface à Mayotte, la menace plane à nouveau sur l’archipel

Après des années sans transmission locale, la maladie revient dans plusieurs villages de l’île. Les autorités sanitaires s’inquiètent d’une situation qui pourrait rapidement dégénérer.

Dans le sud de Mayotte, à Chirongui, les rivières charrient des déchets. Zarianti Houmadi les observe, angoissée. Pour elle, ces amas de détritus sont un nid à moustiques. Et ce n’est pas une peur irrationnelle. Le paludisme, que l’archipel pensait avoir éliminé, circule à nouveau. Depuis le début de l’année 2026, 244 cas ont été recensés par Santé publique France. Parmi eux, 25 ont été contractés sur place, sans voyage à l’étranger. L’année dernière, en 2025, seuls 111 cas avaient été déclarés, dont cinq autochtones. La hausse est brutale.

Les villages de Chirongui, Bandrélé et Dembéni sont les foyers les plus touchés. Pourtant, l’information ne circule pas toujours. Au marché de Chirongui, Nini Irene vend ses fruits et légumes sans savoir que la maladie est revenue. Ses voisines non plus. Le paludisme était pourtant devenu un lointain souvenir. Mayotte était même entrée en phase d’élimination en 2014, selon l’Organisation mondiale de la santé. Mais le moustique anophèle, qui transmet le parasite, n’a jamais disparu de l’île. Et les pays voisins, comme les Comores et Madagascar, connaissent une explosion des cas. Résultat, le nombre de cas importés a presque triplé entre 2023 et 2024. Aujourd’hui, le parasite circule à nouveau sur place.

La maladie peut être mortelle. Depuis le début de l’année, 71 personnes ont été hospitalisées, dont quatre en réanimation. Et le système de santé local est fragile. Mayotte est le département français le moins doté en médecins. Alima Slaï, mère de famille, s’inquiète pour ses enfants. Pour freiner la propagation, l’Agence régionale de santé agit dès qu’un cas est signalé. Elle dépiste l’entourage, cartographie les zones à risque et distribue des moustiquaires imprégnées de répulsif. Dormir dessous est essentiel, car l’anophèle pique surtout la nuit. Mais dans les rues de Chirongui, beaucoup n’ont pas les moyens d’acheter ces protections. Une moustiquaire pour adulte coûte 25 euros. Un répulsif peut valoir entre 7 et 15 euros. Dans un archipel où la moitié de la population vit avec moins de 260 euros par mois, ces dépenses sont souvent impossibles.

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