Planète
Le Kenya submergé par des intempéries meurtrières

Le bilan humain des précipitations exceptionnelles qui frappent le pays depuis le début du mois s’alourdit, avec des dizaines de victimes et des milliers de déplacés. Les autorités appellent à la plus grande vigilance face à la persistance des risques.
Les pluies d’une intensité rare qui s’abattent sur le Kenya depuis le début du mois de mars ont provoqué une situation de crise majeure. Selon les derniers chiffres officiels, quatre-vingt-et-une personnes ont perdu la vie. La capitale, Nairobi, est la zone la plus affectée, concentrant à elle seule trente-sept de ces décès. Des milliers de familles ont dû quitter leurs habitations, souvent accompagnées de leur bétail, pour trouver refuge dans des centres d’évacuation ouverts par les pouvoirs publics.
Les conséquences des intempéries sont multiples et sévères. Des crues soudaines ont emporté des infrastructures, endommagé des biens et submergé des quartiers entiers. Dans l’ouest du pays, notamment dans le comté de Kisumu, des débordements de cours d’eau ont contraint plus de trois mille foyers à l’exode. L’érosion des sols a par ailleurs ravagé des terres agricoles et anéanti les récoltes, menaçant la sécurité alimentaire locale. Des glissements de terrain ont également été signalés, causant d’autres pertes humaines et ensevelissant des habitations.
Face à l’urgence, les autorités ont multiplié les alertes, enjoignant les populations vivant dans des zones à risque, en particulier en aval du barrage de Nairobi, à évacuer par précaution. Les services de secours sont mobilisés tandis que les principaux axes de la capitale, régulièrement transformés en torrents, compliquent les interventions. Cette catastrophe naturelle relance le débat sur l’état des infrastructures de drainage et la préparation aux risques, des sujets qui avaient été placés au cœur des promesses électorales du gouverneur de la capitale.
La région est confrontée à un épisode climatique extrême qui ne semble pas isolé. Des phénomènes similaires ont été observés dans le sud de l’Éthiopie voisine, faisant un nombre comparable de victimes ce mois-ci. Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large de variabilité climatique accrue en Afrique de l’Est, où les scientifiques observent une augmentation de la fréquence et de l’intensité des périodes de sécheresse et de précipitations exceptionnelles. Les recherches attribuent cette amplification à l’influence des activités humaines sur le climat mondial, rendant ces épisodes pluvieux destructeurs plus probables et plus graves.

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