News
Le centre spatial guyanais face à la justice pour destruction d’espèces protégées

Des travaux d’aménagement réalisés sans autorisation ont endommagé des écosystèmes abritant des espèces rares, tandis que les pouvoirs publics semblent avoir fermé les yeux sur ces infractions.
Le Centre national d’études spatiales fait l’objet de poursuites judiciaires pour des atteintes à l’environnement sur son site de Kourou, en Guyane. L’agence spatiale est accusée d’avoir procédé à des travaux de réhabilitation sans avoir obtenu les autorisations requises, entraînant la destruction d’habitats naturels abritant plusieurs espèces protégées. Ces faits remontent à 2022, lorsque le Cnes a entrepris la remise en état de l’ancien pas de tir Diamant pour y installer de nouvelles installations dédiées aux lanceurs expérimentaux.
Les investigations ont révélé que les opérations de terrassement avaient démarré en dépit d’avis défavorables émis par les services de l’État. Les responsables du projet auraient invoqué des impératifs économiques pour justifier cette précipitation, évoquant les conséquences financières d’un éventuel arrêt des chantiers. Pourtant, la Direction générale des territoires et de la mer avait explicitement signalé que les travaux ne pouvaient commencer dans ces conditions.
Les contrôles menés sur place ont mis en lumière l’ampleur des dégâts écologiques. Au moins quatre espèces protégées, dont une grenouille rare, le leptodactyle ocellé, ont vu leur habitat détruit sur plusieurs hectares. Les enquêteurs soupçonnent que le Cnes connaissait la présence de ces espèces avant le début des opérations. Un second chantier, consacré à l’installation d’un parc photovoltaïque, a également été découvert alors qu’il avait été engagé sans autorisation préalable.
Cette situation contraste avec l’image de sanctuaire environnemental que cultive le centre spatial, dont la vaste étendue abrite une biodiversité exceptionnelle, incluant une population remarquable de jaguars. Ce n’est pas la première fois que l’établissement est confronté à des reproches concernant ses pratiques environnementales. Déjà en 2019, des opérations de défrichage avaient compromis des inventaires naturalistes.
Les pressions liées au calendrier du plan France Relance semblent avoir contribué à cette accélération des travaux. Les projets devaient respecter des échéances strictes pour bénéficier des financements publics. Face à ces impératifs, les autorités préfectorales auraient adopté une attitude conciliante, cherchant à aligner les procédures de régularisation sur les délais imposés.
Le parquet de Cayenne a proposé une solution transactionnelle au Cnes, jugée insuffisante par le tribunal. L’affaire est désormais renvoyée devant une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité, tandis que les parties civiles militent pour une qualification plus sévère des faits. L’expertise judiciaire évalue le préjudice écologique à près de dix millions d’euros, avec une restauration des sites qui pourrait s’étendre sur plusieurs décennies.

MondeEn Ligne 5 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
PolitiqueEn Ligne 7 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
PolitiqueEn Ligne 6 joursLes maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard
CultureEn Ligne 7 joursEgrégore, le grand retour dansant de Mylène Farmer avec DJ Snake et Moby
PolitiqueEn Ligne 4 joursLe ministre écrit aux lycéens avant la rentrée pour défendre ses annonces
EuropeEn Ligne 7 joursAndorre retire la menace de prison aux femmes qui avortent, mais pas aux médecins
Faits DiversEn Ligne 6 joursTrois femmes accusent un gynécologue d’Ardèche de viols et de violences
PolitiqueEn Ligne 3 joursUne primaire au centre et à droite pour éviter Le Pen-Mélenchon, le casse-tête d’Édouard Philippe
















