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L’Europe débloque un prêt colossal à Kiev qui relance le débat sur son adhésion à l’Union

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Les Vingt-Sept ont officialisé ce jeudi à Chypre un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, levant le veto hongrois qui paralysait le dossier depuis des mois. Le président ukrainien a immédiatement remis sur la table la question brûlante d’une adhésion pleine et entière à l’Union européenne.

Volodymyr Zelensky a rejoint les dirigeants européens réunis dans le cadre luxueux de la marina d’Ayia Napa, à Chypre, pour un sommet marqué par une avancée majeure. Après avoir exprimé sa gratitude, il a salué une décision historique qui permettra à son pays de renforcer ses capacités militaires, de stimuler sa production de défense aérienne et de protéger son réseau énergétique. Les premières tranches de ce financement, prévues pour 2026 et 2027, devraient être versées d’ici la fin du mois de mai ou le début du mois de juin.

Parallèlement, les Européens ont adopté un vingtième train de sanctions contre Moscou, ciblant cette fois le secteur bancaire et durcissant les restrictions sur les exportations de pétrole russe. Mais le président ukrainien a également mis les Vingt-Sept face à leurs responsabilités en plaidant pour une intégration complète à l’Union, refusant de se contenter de gestes symboliques.

Ce sujet reste toutefois sensible au sein des États membres. Le Premier ministre luxembourgeois a souligné que l’Ukraine, bien que faisant partie de la famille européenne, devait remplir un ensemble de critères sans bénéficier de raccourcis. Son homologue belge a plaidé pour une approche basée sur les mérites, en matière de réformes et de lutte contre la corruption. Le président du Conseil européen s’est montré plus ouvert, évoquant la nécessité de préparer l’ouverture officielle des premiers cycles de négociations.

Le déblocage du prêt illustre les conséquences rapides de la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie. Budapest a levé son veto après la reprise des livraisons de pétrole russe via un oléoduc traversant l’Ukraine. Le dirigeant hongrois, battu aux législatives par Peter Magyar, s’apprête à quitter le pouvoir après seize années et a boycotté son dernier sommet européen.

La réunion informelle des chefs d’État et de gouvernement à Chypre, île divisée depuis l’invasion turque de 1974, ne prévoit pas de décisions majeures. Outre le soulagement apporté par le prêt à Kiev, les discussions devraient se concentrer sur la guerre au Moyen-Orient. Un déjeuner de travail est prévu vendredi avec plusieurs dirigeants de la région, dont les présidents libanais, égyptien et syrien, ainsi que le prince héritier de Jordanie.

Les Européens, bien que disposant de leviers limités, entendent maintenir un dialogue soutenu avec ces pays, notamment sur la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Hezbollah. Le choix de Chypre revêt une portée symbolique, des bases de l’Otan y ayant été visées par des drones iraniens en début de conflit.

Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran pèse lourdement sur l’économie européenne. La facture énergétique du continent a bondi de 24 milliards d’euros en sept semaines, tandis qu’une pénurie de kérosène menace. Bruxelles a multiplié les recommandations aux États membres pour accélérer l’électrification, mais sans annonces financières majeures, les budgets nationaux et celui de l’Union étant déjà sous tension.

Les discussions sur le futur budget européen pour la période 2028-2034, estimé à environ 2 000 milliards d’euros, devraient également figurer à l’ordre du jour du sommet chypriote.

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