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Économie

Lagos, l’impasse sanitaire où la vie s’éteint dans les embouteillages

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Dans la mégalopole nigériane, le manque criant d’ambulances et la congestion chronique du trafic compromettent quotidiennement les interventions d’urgence. Un défi humain et logistique qui transforme chaque course contre la montre en parcours du combattant.

Avec seulement une centaine d’ambulances pour plus de vingt millions d’habitants, Lagos présente un ratio d’un véhicule médicalisé pour 200 000 personnes. Cette pénurie structurelle, couplée à des infrastructures routières saturées, retarde considérablement les secours et met en péril des vies chaque jour. Les témoignages de patients et de professionnels confirment l’ampleur du phénomène.

Les ambulanciers doivent composer avec l’indiscipline routière et l’absence de couloirs de circulation dédiés. Malgré l’usage des sirènes et des appels via mégaphones, peu d’automobilistes cèdent le passage, par méfiance ou incrédulité face à l’urgence réelle des situations. Ces retards répétés affectent directement le pronostic vital des patients, comme en témoigne le cas d’une femme atteinte d’hémorragie cérébrale, retrouvée inconsciente après plus de deux heures d’attente.

Certains acteurs privés tentent de pallier ces dysfonctionnements. La start-up Eight Medical, par exemple, s’est fixé pour objectif de réduire le délai d’intervention à huit minutes, standard international inapplicable dans l’immédiat compte tenu des conditions locales. Son fondateur, marqué par des drames familiaux, incarne cette volonté de changement.

La croissance démographique exponentielle de Lagos – appelée à devenir la ville la plus peuplée au monde d’ici la fin du siècle – aggrave encore la situation. Outre le manque de véhicules, s’ajoutent le mauvais état des routes, la pénurie de personnel soignant et une coordination défaillante entre les hôpitaux et les services d’ambulance.

Face à ce constat, les autorités ont initié des solutions alternatives, telles qu’un bateau-ambulance desservant les zones lagunaires. Mais les moyens manquent pour généraliser ce type d’initiatives. La priorité reste, pour l’heure, d’accroître le parc ambulancier via des partenariats public-privé, dans l’espoir de sauver davantage de vies.

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