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La France tourne une page historique avec la restitution de ses bases militaires au Sénégal

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Un chapitre de six décennies de présence militaire s’achève ce jeudi à Dakar, marquant un rééquilibrage stratégique entre les deux nations.

Ce jeudi matin, les autorités sénégalaises reprendront officiellement possession des dernières installations militaires françaises encore présentes sur leur territoire. La cérémonie, qui se déroulera en présence de hauts gradés des deux pays, scellera la fin d’une présence ininterrompue depuis l’indépendance du Sénégal en 1960. Le camp Geille, situé à Ouakam, ainsi que l’escale aéronautique militaire de l’aéroport de Dakar, seront ainsi transférés aux forces armées locales.

Cette étape symbolique intervient après plusieurs mois de retrait progressif, initié en mars dernier. Les Éléments Français au Sénégal (EFS), qui comptaient environ 350 militaires, avaient pour mission principale de soutenir la formation et la coopération opérationnelle avec les forces sénégalaises. Leur départ s’inscrit dans une dynamique plus large de redéploiement des troupes françaises en Afrique, après les retraits similaires au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, élu en 2024, avait annoncé dès novembre dernier son intention de mettre fin à toute présence militaire étrangère d’ici 2025. Une décision présentée comme une affirmation de souveraineté, sans pour autant rompre les liens historiques avec Paris. « Il s’agit d’un partenariat rénové, adapté aux réalités actuelles », avait-il précisé, écartant toute logique de confrontation.

La France, de son côté, avait anticipé cette évolution dès le début des années 2010, en transformant progressivement sa posture militaire au Sénégal. Les unités combattantes avaient déjà cédé la place à des structures axées sur la formation et l’échange, conformément aux accords bilatéraux révisés.

Ce retrait concerté contraste avec les tensions observées ailleurs sur le continent, où plusieurs pays ont exigé un départ immédiat des forces françaises. Paris conserve néanmoins une base stratégique à Djibouti, pivot de ses futures opérations en Afrique.

Au-delà des aspects militaires, cette transition reflète une recomposition des alliances en Afrique de l’Ouest, où les partenariats se diversifient. Le Sénégal, longtemps considéré comme un allié stable de la France, entend désormais équilibrer ses relations internationales, sans renier pour autant une coopération sécuritaire ajustée aux nouvelles réalités géopolitiques.

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