Économie
La France perd du terrain face à l’Italie sur les marchés obligataires
L’écart se resserre dangereusement entre les taux d’emprunt des deux pays, reflétant les difficultés budgétaires persistantes de l’Hexagone.
La situation financière de la France suscite des inquiétudes croissantes parmi les investisseurs internationaux. Pour la première fois depuis 2005, le taux des obligations souveraines italiennes à cinq ans est passé sous celui de la France début juillet. Cette inversion des dynamiques pourrait bientôt concerner l’échéance de dix ans, référence incontournable pour évaluer la crédibilité des États.
Actuellement, le rendement des emprunts français à dix ans s’établit à 3,37%, contre 3,54% pour l’Italie. L’écart entre les deux, autrefois supérieur à un point, se réduit comme peau de chagrin, selon les analystes. Une convergence qui traduit la défiance grandissante des marchés face aux déséquilibres structurels de l’économie française.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le déficit public a atteint 5,8% du PIB en 2024, tandis que la dette publique frôle les 114% de la richesse nationale, plaçant la France au troisième rang des pays les plus endettés de la zone euro. Les projections européennes anticipent même un creusement des déficits en 2025 et 2026, une perspective qui pèse sur la notation souveraine du pays, déjà sous surveillance négative.
À l’inverse, l’Italie, pourtant confrontée à une dette abyssale représentant 135,3% de son PIB, bénéficie d’un regain de confiance. Les efforts de redressement menés par le gouvernement Meloni, combinés à une amélioration inattendue des recettes fiscales, ont permis à Rome de renouer avec un excédent public fin 2024. Une performance qui contraste avec l’immobilisme français, perçu comme incapable de réformes structurelles.
L’instabilité politique n’arrange rien. La dissolution de l’Assemblée nationale en juin dernier a renforcé les craintes d’un blocage institutionnel, incitant les investisseurs à exiger une prime de risque supplémentaire pour détenir de la dette française. Les annonces de rigueur budgétaire, dont un plan d’économies de 43,8 milliards d’euros d’ici 2026, n’ont pour l’instant pas convaincu.
Les experts s’accordent sur un point : sans mesures crédibles et immédiates, la France risque de voir sa situation se dégrader davantage. Le temps presse pour inverser la tendance et restaurer la confiance des créanciers internationaux.
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