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La France contrainte de réévaluer le sort de trois jeunes adultes détenus en Syrie
_**Le tribunal administratif de Paris a annulé le refus opposé par l’État au rapatriement de trois hommes majeurs, emmenés enfants sur les territoires de l’organisation État islamique. Les autorités disposent désormais de deux mois pour reconsidérer leur situation.**_
La justice administrative a rendu une décision qui oblige les services de l’État à réexaminer sous un délai de deux mois les dossiers de trois ressortissants français. Ces derniers, aujourd’hui âgés de 22 et 23 ans, avaient été conduits en Syrie par leurs parents alors qu’ils étaient âgés d’une dizaine d’années, au moment où leurs familles projetaient de rallier les rangs de l’EI. Après l’effondrement territorial du groupe, ils ont été placés dans des camps de détention administrés par les forces kurdes, où ils ont atteint la majorité.
Le ministère des Affaires étrangères avait précédemment rejeté leurs requêtes de retour sur le territoire national, invoquant les risques sécuritaires et les difficultés opérationnelles liées à la situation locale. Le tribunal a estimé que ce refus devait être révisé. Les avocats des intéressés ont plaidé l’urgence humanitaire, soulignant que leurs clients, mineurs au moment des faits, n’avaient pas choisi leur destin.
L’état de santé des trois hommes est décrit comme préoccupant. L’un d’eux, originaire de Strasbourg, présenterait de multiples blessures et un handicap. Un second serait gravement atteint à une jambe, sans accès à des soins médicaux. Le troisième, transféré cet été dans une prison irakienne sans que son conseil n’en soit informé dans l’immédiat, est détenu dans des conditions jugées extrêmement difficiles. Aveugle d’un œil et souffrant de blessures à la tête et à l’épaule, son état de santé suscite une inquiétude particulière.
Par ailleurs, la juridiction s’est déclarée incompétente pour statuer sur les recours introduits au nom de deux autres détenus dans les camps syriens, ces derniers n’étant pas de nationalité française bien qu’ayant grandi sur le sol national. Cette distinction rappelle la complexité juridique et humaine des dossiers liés aux retours des zones de conflit. La décision du tribunal ouvre une nouvelle phase d’examen pour les trois jeunes majeurs concernés, dont le sort repose désormais sur la réévaluation que devront mener les autorités françaises.
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