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La course contre la montre de Washington et d’Ottawa pour éviter une nouvelle salve douanière

Les négociations s’éternisent à quelques heures d’une échéance commerciale décisive. Sans accord, des taxes de 50% vont s’abattre sur le vin, le ciment et…

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La course contre la montre de Washington et d’Ottawa pour éviter une nouvelle salve douanière

Les négociations s’éternisent à quelques heures d’une échéance commerciale décisive. Sans accord, des taxes de 50% vont s’abattre sur le vin, le ciment et les crosses de hockey.

Les tractations se poursuivent dans la capitale américaine, sans garantie d’aboutir avant la date butoir. Le ministre canadien Dominic LeBlanc a dit avoir encore du pain sur la planche après une journée de discussions avec l’émissaire commercial de la Maison Blanche, Jamieson Greer. « Notre travail n’est pas fini. Nous allons continuer jusqu’à la dernière minute », a-t-il lancé. Le compte à rebours est bien réel. Une salve de surtaxes de 50% doit entrer en vigueur au premier instant de samedi si aucun compromis n’est signé. L’administration Trump avait déjà accordé un sursis de trois jours après une première échéance mercredi. Un nouveau répit n’est pas exclu, mais le président américain préfère afficher sa confiance. Donald Trump assure que les États-Unis « devraient pouvoir conclure un accord » avec Ottawa et met en avant sa « bonne relation » avec le premier ministre Mark Carney.

Depuis le début du second mandat de Trump, les deux voisins enchaînent les tensions commerciales. Cette semaine, LeBlanc s’est installé à Washington pour tenter d’aplanir les divergences. L’essentiel des échanges canadiens reste protégé par l’accord de libre-échange nord-américain, mais les surtaxes imposées l’an dernier ont déjà frappé de plein fouet l’acier, l’aluminium et l’automobile, des secteurs très intégrés au marché américain. Les détails du compromis en préparation n’ont pas été rendus publics. Plusieurs signaux indiquent toutefois que Washington pourrait abaisser ses surtaxes sur l’acier et l’aluminium canadiens. Pour Ryan Majerus, avocat spécialisé dans les questions commerciales, le fait que les États-Unis semblent prêts à faire des concessions substantielles « accroît considérablement les chances de parvenir à un accord ». Les deux camps cherchent une porte de sortie, et les discussions avancent.

Le Canada a aussi fait un pas vers Washington en demandant aux provinces d’abandonner leur boycott des vins et spiritueux américains. C’est une exigence centrale de la Maison Blanche, qui veut en plus de meilleures conditions d’accès pour ses producteurs laitiers. Mais les provinces gardent la main sur l’alcool et ne sont pas toutes prêtes à suivre. La pression est pourtant énorme. Très dépendant de son grand voisin, le Canada se retrouve en première ligne dans cette guerre commerciale. Donald Trump a répété à plusieurs reprises son envie de faire du pays le « 51e État » américain. De quoi alimenter la colère des oppositions. Le chef conservateur Pierre Poilievre dénonce un accord qui serait une « mauvaise affaire ». Il interroge la capacité des entreprises locales à rivaliser si elles restent les seules à payer des droits de douane.

Arrivé en mars 2025, Mark Carney tente de réduire cette dépendance en cherchant des débouchés en Asie et en Europe. La tâche est immense. Les États-Unis restent de très loin le premier partenaire du Canada, avec environ 70% des exportations canadiennes qui partent vers son voisin. L’enjeu ne se limite d’ailleurs pas à l’échéance de cette nuit. Les deux pays doivent aussi trouver un terrain d’entente sur l’avenir de l’ACEUM, que Washington a refusé de renouveler durablement le mois dernier. Si les négociateurs évitent le crash immédiat, le chantier de fond reste ouvert.

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