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Jour du dépassement : la France épuise son capital nature en un trimestre

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Si l’humanité entière adoptait le mode de vie des Français, elle aurait déjà consommé, au 24 avril 2026, l’intégralité des ressources que la Terre peut régénérer en une année. Un constat qui illustre une décennie d’endettement écologique.

Il n’aura fallu que trois mois et vingt-quatre jours pour que la France atteigne son seuil de consommation annuelle des ressources. Cette date, calculée par l’ONG Global Footprint Network en partenariat avec l’université York de Toronto, marque le moment où, si le reste du monde vivait comme les Français, la planète aurait épuisé sa capacité de renouvellement pour l’année.

Les années précédentes, ce seuil était franchi plus tard, souvent au mois de mai. En 2017, il tombait le 3 mai, puis le 5 mai en 2018, 2022 et 2023. L’année 2020 fit exception avec un repoussement au 14 mai, conséquence directe du ralentissement mondial lié à la pandémie de Covid-19. En 2025, le jour du dépassement français avait été atteint dès le 19 avril.

Le mécanisme de ce calcul repose sur une comparaison précise. D’un côté, la biocapacité terrestre, c’est-à-dire la capacité des écosystèmes à se régénérer et à absorber les déchets humains. De l’autre, l’empreinte écologique, qui mesure les prélèvements des sociétés pour se nourrir, se déplacer et produire. Le résultat est sans appel : la France consomme avant la fin de l’année ce que la nature met douze mois à reconstituer.

D’autres nations affichent un bilan plus lourd encore, à l’image du Qatar, du Luxembourg ou des États-Unis. L’ONG prend en compte des facteurs variés, comme l’exploitation des ressources en eau, du bois ou la production alimentaire. Selon Jean Burkard, directeur du plaidoyer de WWF France, ces données révèlent une situation où l’humanité vit à crédit sur les capacités de la planète.

Si les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 1,6 % en France en 2025, cette baisse reste inférieure aux objectifs fixés par la stratégie nationale bas-carbone, qui prévoit une réduction annuelle de 4 % d’ici 2030. Un rythme jugé insuffisant pour garantir un renouvellement correct des ressources.

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