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Des mairies défient l’État en hissant le drapeau palestinien
Malgré les instructions formelles du gouvernement, plus de cinquante municipalités ont choisi d’arborer l’étendard palestinien à leur fronton, marquant ainsi leur soutien à la reconnaissance de l’État de Palestine.
L’initiative, lancée à l’appel de plusieurs élus de gauche, a connu un écho notable à travers le pays. De Lyon à Saint-Denis, en passant par Besançon ou Rennes, les bâtiments municipaux ont vu flotter côte à côte le drapeau tricolore, l’emblème européen et la bannière palestinienne. Cette démarche symbolique intervient le jour même où la France a officiellement reconnu l’État de Palestine.
Le ministère de l’Intérieur avait pourtant adressé aux préfets une circulaire rappelant l’obligation de neutralité des services publics et les risques de troubles à l’ordre public. Selon le décompte des autorités, cinquante-deux communes ont passé outre cette injonction. Certaines, comme Malakoff, font déjà l’objet de poursuites judiciaires et se voient astreintes à des amendes pour retard dans le retrait du drapeau.
Les maires concernés justifient leur geste par la volonté de soutenir une solution à deux États et de promouvoir la paix. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a ainsi estimé que l’absence d’État palestinien favorisait l’émergence de groupes terroristes. À Saint-Denis, Mathieu Hanotin a défendu cette initiative comme un plaidoyer pour une résolution durable du conflit.
D’autres villes ont opté pour un affichage plus équilibré, en hissant conjointement les drapeaux israélien et palestinien, à l’image de Saint-Ouen. Paris a projeté les deux emblèmes sur la tour Eiffel, accompagnés d’un symbole de paix, une initiative diversement appréciée.
La question du pavoisement des édifices publics n’est pas nouvelle et soulève des interrogations juridiques quant à la limite entre expression d’une solidarité légitime et manquement au devoir de neutralité. Si certains juristes estiment que cette action s’inscrit dans le cadre de la position officielle de la France, d’autres y voient une prise de position politique contraire aux principes républicains.
Face à cette mobilisation locale, l’Élysée est resté silencieux, choisissant de ne pas commenter publiquement ces initiatives.
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