Économie
Chevron, le dernier pétrolier étranger à résister dans le gisement vénézuélien


Alors que Washington resserre l’étau sur Caracas, le géant américain Chevron parvient à maintenir ses activités dans le pays, bénéficiant d’une dérogation unique. Cette position singulière lui permet de continuer à exploiter une partie des immenses réserves locales, dans un contexte géopolitique extrêmement tendu.
Le paysage énergétique vénézuélien, pourtant riche des plus grandes réserves prouvées de pétrole brut au monde, est marqué par un isolement croissant. Dans ce cadre, la société américaine Chevron fait figure d’exception notable. Elle demeure en effet la seule entreprise étrangère autorisée à opérer sur le sol vénézuélien, un statut préservé malgré le durcissement récent des sanctions américaines, dont un blocus maritime affectant les exportations.
La présence de Chevron au Venezuela plonge ses racines dans un siècle d’histoire. L’un de ses prédécesseurs, Gulf Oil, s’y était implanté dès les années 1920. Aujourd’hui, le groupe extrait des hydrocarbures sur plusieurs champs, en partenariat avec la compagnie nationale PDVSA. Cette alliance, qui mobilise plusieurs milliers de personnes, concerne près de trente mille hectares.
Le maintien de ces opérations intervient dans un climat de fortes restrictions. Un embargo sur le pétrole vénézuélien, instauré il y a plusieurs années, avait été partiellement assoupli avant que l’administration américaine ne revienne sur ces autorisations. Chevron a cependant obtenu une exemption spécifique, lui permettant de poursuivre ses activités dans le strict respect du cadre légal en vigueur. La société affirme que sa présence contribue à la stabilité économique locale et à la sécurité énergétique.
En termes de production, la contribution de Chevron est significative bien que modeste à l’échelle nationale. Elle représenterait environ un dixième de la production totale du Venezuela, laquelle a considérablement chuté par rapport à son niveau historique. Le brut extrait par le consortium, de qualité lourde et visqueuse, est intégralement exporté vers les États-Unis. Ces derniers disposent, le long du golfe du Mexique, de capacités de raffinage spécialement conçues pour traiter ce type de pétrole, principalement transformé en diesel ou en dérivés comme l’asphalte.
Parallèlement, une grande partie des exportations vénézuéliennes échappe aux circuits officiels en raison des sanctions, transitant par des marchés parallèles, souvent vers l’Asie, avec d’importantes décotes. Les nouvelles mesures de contrôle américaines visent précisément à tarir ces flux, ce qui pourrait réduire de moitié ces ventes non autorisées selon certaines estimations.
Au-delà des considérations purement énergétiques, la stratégie américaine semble guidée par des enjeux géopolitiques de plus long terme. Des observateurs estiment que Washington cherche à éviter qu’un retrait total des acteurs occidentaux ne laisse le champ libre à d’autres puissances, dont les intérêts pourraient diverger des siens, tant sur le plan politique qu’environnemental. La position de Chevron apparaît ainsi comme un élément d’équilibre dans un rapport de force complexe, où l’or noir reste un instrument de pression majeur.





SportsEn Ligne 2 joursZidane dévoile son équipe pour transformer les Bleus



Faits DiversEn Ligne 2 joursLa Gironde suffoque face à un incendie qui atteint les portes de Bordeaux



SociétéEn Ligne 7 joursViolences sexuelles sur mineurs le chantier immense qui attend la justice



PlanèteEn Ligne 5 joursLe 12 août la Lune grignotera le Soleil en France voici comment bien en profiter



SportsEn Ligne 7 joursPauline Ferrand-Prévot malade, la championne en titre quitte le Tour de France femmes



PolitiqueEn Ligne 6 joursLe vrai moteur de la campagne de Marine Le Pen, c’est son clan familial



ÉconomieEn Ligne 6 joursAu Porge, les vacances sont restées dans les cendres



SociétéEn Ligne 5 joursSur le lac de Sainte-Croix, la chasse aux campeurs clandestins est lancée








