Économie
Boeing confronté à la justice pour la première fois sur le crash du 737 MAX

L’avionneur américain fait face à un procès civil historique à Chicago, où seront examinées les demandes d’indemnisation de familles de victimes du vol Ethiopian Airlines abattu en mars 2019.
L’ouverture des débats s’est déroulée ce lundi devant le tribunal fédéral de Chicago, marquant le premier procès civil intenté contre le constructeur aéronautique Boeing concernant l’accident du 737 MAX 8 survenu en Éthiopie. Cette procédure examine deux requêtes déposées par des proches de passagers du vol Ethiopian Airlines, qui s’est abîmé en mars 2019 peu après son envol d’Addis-Abeba. Le constructeur avait jusqu’à présent évité les audiences en parvenant à des arrangements financiers dans les autres dossiers regroupés devant le même magistrat.
La sélection des huit jurés, issus de trois États américains, doit s’achever ce mardi matin. Les plaidoiries initiales des conseils suivront immédiatement, chaque partie disposant d’un temps de parole strictement alloué. Le crash du vol ET302, survenu six minutes après son décollage, avait coûté la vie aux 157 personnes présentes à bord, originaires de trente-cinq pays. Sur les cent cinquante-cinq plaintes initiales pour décès injustifié et négligence, onze demeurent en instance.
Afin de fluiditer l’instruction judiciaire, le juge a opté pour un regroupement des requêtes par lots de cinq à six dossiers, chacun associé à une date d’audience précise. La tenue du procès n’intervient que lorsqu’aucun accord amiable n’est trouvé au sein d’un groupe. Les débats en cours visent exclusivement à déterminer le montant des réparations dues aux familles concernées.
Parmi les dossiers soumis à l’examen figurent ceux de deux passagères, une consultante indienne de trente-six ans et une Kényane de vingt-huit ans, toutes deux engagées dans des projets professionnels ou académiques. Leurs avocats respectifs ont confirmé l’absence de perspective d’arrangement à l’amiable avant l’ouverture des audiences. Plusieurs proches des défunts assistaient à l’audience inaugurale.
Le constructeur a reconnu sa responsabilité dans l’accident, admettant que la conception du logiciel MCAS avait contribué à la succession des événements. Ce même système est impliqué dans un autre accident survenu en Indonésie cinq mois plus tôt, ayant entraîné la perte de cent quatre-vingt-neuf vies. La majorité des actions civiles liées à ces deux catastrophes aériennes ont été résolues par des transactions hors tribunal, pour un montant global de plusieurs milliards de dollars. Une procédure pénale distincte reste en attente de validation judiciaire au Texas.

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