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Culture

Areski le compagnon de route de Brigitte Fontaine est mort à 86 ans

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Il était l’alter ego artistique et intime de Brigitte Fontaine, un musicien touche-à-tout qui a marqué la chanson française sans jamais chercher la lumière. Areski Belkacem s’est éteint lundi, laissant une œuvre discrète mais immense.

Derrière Brigitte Fontaine, il y avait toujours lui. Areski Belkacem, né en 1940 à Versailles de parents kabyles, a construit pendant plus de cinq décennies une carrière à la croisée des chemins. Percussionniste, guitariste, accordéoniste, comédien, il était de toutes les aventures. Sa rencontre avec Jacques Higelin au service militaire a tout changé. Les deux amis enregistrent un premier album ensemble en 1969. Mais c’est Higelin qui lui présente Brigitte Fontaine. Coup de foudre artistique et amoureux. Ils ne se quitteront plus.

Ensemble, ils inventent une forme de spectacle libre et surprenante. Au théâtre Lucernaire, ils montent « Niok », un show réimprovisé chaque soir avec Higelin et Rufus. En 1970, ils enregistrent « Comme à la radio » avec les jazzmen de l’Art Ensemble of Chicago. Un album qui fait voler en éclats les codes de la chanson française traditionnelle. Leur musique puise dans les influences européennes, orientales et africaines. Ils osent tout. Des titres comme « Conne », « C’est normal » ou « Kékéland » mêlent humour, érotisme et politique. Jean-Louis Trintignant disait d’eux qu’il fallait faire un effort pour les écouter, mais que cet effort était récompensé.

Areski n’a pourtant jamais mis sa propre carrière au premier plan. Il n’a sorti que trois albums en solo, espacés de plusieurs décennies. « Un beau matin » en 1970, « Le triomphe de l’amour » en 2010, puis « Long courrier » en 2025. Il a aussi composé pour Barbara, Georges Moustaki ou Sapho. En 2005, il lance un concept inédit : les concerts de dessins, présentés chaque année au festival d’Angoulême. Le public regarde en direct la création d’une bande dessinée sur grand écran, accompagnée par sa musique. Il a joué dans deux films, dont « Le grand soir » en 2011, où il incarnait le père de Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel. Brigitte Fontaine jouait la mère, évidemment. Interrogé en 2025 sur son désir de gloire, il répondait simplement. Chanter, jouer, être avec des amis et faire une chose ensemble lui suffisait amplement.

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