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Andy Burnham promet le plus grand rééquilibrage des pouvoirs de l’histoire britannique

Le probable successeur de Keir Starmer a dévoilé son projet phare depuis Manchester. Objectif : transférer massivement les décisions aux régions pour…

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Andy Burnham promet le plus grand rééquilibrage des pouvoirs de l'histoire britannique

Le probable successeur de Keir Starmer a dévoilé son projet phare depuis Manchester. Objectif : transférer massivement les décisions aux régions pour relancer une économie qui patine.

Andy Burnham n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Lors de son premier grand discours depuis l’annonce de la démission de Keir Starmer, l’actuel maire de Manchester devenu député le 18 juin a promis un changement radical de modèle. Pas question de laisser Londres dicter la croissance depuis ses bureaux de Whitehall. Pour lui, l’avenir passe par un grand coup de balai décentralisateur. Il veut créer un nouvel organe, le « Numéro 10 Nord », basé à Manchester, chargé de redistribuer pouvoirs et argent aux maires des régions. L’idée est claire : laisser les territoires prendre les rênes de leur développement économique, plutôt que d’attendre des ordres venus d’en haut.

Ce plan, Burnham le présente comme une « mission de dix ans pour relever le niveau de vie ». Concrètement, il mise sur la réindustrialisation, le logement, les infrastructures et un retour de l’État dans des secteurs clés comme l’eau ou l’énergie. Pas question pour autant de tout laisser filer côté dépenses il répète son attachement à des finances publiques saines et aux règles budgétaires fixées par l’actuelle ministre des Finances Rachel Reeves. Mais il veut aussi briser le « vieux modèle du ruissellement », cette idée que la richesse créée en haut finit par couler vers le bas. Pour lui, il faut au contraire intervenir publiquement quand c’est utile. Un discours socialiste assumé, mais enveloppé dans un langage pro-entreprises.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. À droite, Kemi Badenoch, cheffe des conservateurs, l’accuse de n’avoir aucun plan concret et de simplement renvoyer la balle aux maires. Ed Davey, des Libéraux-démocrates, parle de « belles paroles ». Robert Jenrick, du parti d’extrême droite Reform UK, le soupçonne de gagner du temps avec son plan sur dix ans. Plus inquiétant pour Burnham, un sondage YouGov publié le jour de son discours révèle que 43% des Britanniques ont une opinion défavorable de lui, contre seulement 32% de favorable. Malgré sa réputation de « roi du Nord » proche des gens, le chemin vers Downing Street s’annonce semé d’embûches.

L’autre grande inconnue, c’est le choix du prochain ministre des Finances. Un poste ultra-sensible que Burnham doit pourvoir rapidement. Les rumeurs vont bon train. Le nom d’Ed Miliband, actuel ministre de l’Énergie, revient souvent, même si ses positions anti-entreprises inquiètent. La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, plus centriste, est aussi citée, tout comme l’ex-ministre de la Santé Wes Streeting. Burnham, lui, reste silencieux. Pas un mot à la presse après son discours. Une absence remarquée qui alimente les critiques. En attendant, le monde économique observe et attend de voir si ce virage décentralisateur tiendra ses promesses ou restera un simple effet d’annonce.

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