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Marine Le Pen prépare son équipe, avec des ministres en puissance et des rivalités en coulisses

La candidate présidentielle met en avant des chefs de pôles thématiques pour montrer qu’elle saurait gouverner. Cette vitrine de compétences cache des…

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Marine Le Pen prépare son équipe, avec des ministres en puissance et des rivalités en coulisses

La candidate présidentielle met en avant des chefs de pôles thématiques pour montrer qu’elle saurait gouverner. Cette vitrine de compétences cache des ambitions personnelles et des arbitrages encore ouverts.

À mesure qu’elle approche de son premier grand meeting à Orléans, Marine Le Pen assemble une équipe de campagne plus fournie. Une dizaine de responsables de pôles thématiques ont été désignés pour incarner les priorités de sa candidature à l’Élysée. On y trouve des fidèles comme Jean-Philippe Tanguy, très présent sur l’économie et les finances, ou Philippe Olivier, plus discret, chargé de l’aménagement du territoire. La formation s’appuie aussi sur des profils techniques, avec l’ancienne juge d’instruction Pascale Piera à la justice et le chirurgien Laurent Castillo à la santé. De quoi dessiner les contours d’une équipe gouvernementale possible, sans garantir de poste à quiconque.

Cette organisation répond à un manque déjà pointé dans les campagnes précédentes. L’image d’une Marine Le Pen isolée avait pesé, les électeurs ayant du mal à se projeter dans une majorité et un gouvernement. Après la dissolution de l’Assemblée, le même doute est revenu. Des responsables estiment que le public ne voyait pas quel gouvernement Jordan Bardella aurait pu conduire, malgré le nombre de députés élus. Mettre en avant des spécialistes doit donc rassurer. Chaque intervention de la candidate doit être prolongée par une forme de suivi, avec des porte-parole capables de défendre les propositions sur leur terrain.

Les postes restent pourtant ouverts. Un responsable de campagne prévient que ces coordinateurs sont des candidats crédibles à un ministère, pas des ministres déjà nommés. Un autre élu y voit une manière de les éprouver, de vérifier s’ils tiennent face à la pression. La preuve par l’exemple n’est pas toujours flatteuse. Frédéric Falcon a été chargé du logement au moment où Marine Le Pen plaçait ce thème au centre de sa campagne, mais il n’a pas vraiment occupé le devant de la scène, laissant la parole aux porte-parole habituels.

La méthode peut aussi créer des frictions. Des élus redoutent que certains se voient déjà au gouvernement. Les équilibres devront intégrer les alliés, notamment Eric Ciotti, et des hauts fonctionnaires prêts à changer de camp. Un proche de la candidate résume le paradoxe d’une victoire possible. La question ne serait plus seulement de savoir comment gagner, mais comment gouverner ensuite, et avec qui. D’autres pronostics circulent. Sébastien Chenu est imaginé à la Culture, pas au perchoir de l’Assemblée, où Laure Lavalette est davantage citée après sa promotion au pôle famille et solidarités. Jean-Philippe Tanguy a le budget pour spécialité, mais Bercy demanderait une expérience plus affirmée. Une personnalité pressentie se dit superstitieuse, juge d’autres profils plus qualifiés et évoque Alexandre Loubet pour l’Économie.

Chacun avance aussi ses pions. Sur un salon de l’élevage à Clermont-Ferrand, Marine Le Pen était accompagnée de sa référente agriculture Hélène Laporte. Mais Gilles Pennelle, eurodéputé et vétéran du parti, avait fait le déplacement lui aussi, en pleine session du Parlement européen. Dans cet entourage, un principe revient avec insistance. La loyauté reste la première des qualités attendues.

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