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Deux tirs de LBD, un œil perdu et un policier mis en examen

Près de deux semaines après le blocage de son lycée à Tours, Maël, 16 ans, est rentré chez lui. Un policier vient d’être mis en examen pour violences…

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Deux tirs de LBD, un œil perdu et un policier mis en examen

Près de deux semaines après le blocage de son lycée à Tours, Maël, 16 ans, est rentré chez lui. Un policier vient d’être mis en examen pour violences aggravées, mais la justice n’a pas fini de démêler ce qui s’est réellement passé.

Le 30 septembre, le lycée Balzac, en plein centre de Tours, est bloqué. C’est là que Maël, 16 ans, perd l’usage d’un œil. Depuis, l’adolescent a quitté l’hôpital et regagné le domicile familial. Un suivi médical reste nécessaire, souligne son avocat, qui parle d’une première satisfaction. Les examens médico-légaux ont fixé son incapacité totale de travail à trente jours, sans écarter l’hypothèse de complications ultérieures.

Côté judiciaire, le dossier s’est accéléré. Un policier a été mis en examen pour violences aggravées et placé sous contrôle judiciaire. Il lui est aussi interdit de porter et de détenir un lanceur de balles de défense. Un second fonctionnaire, également impliqué dans l’usage du LBD, a été placé sous le statut de témoin assisté. Quatre policiers ont été entendus en garde à vue mardi. Compte tenu de la complexité de ce type d’intervention, une information judiciaire a été ouverte pour continuer à établir les circonstances exactes des tirs.

L’enquête de l’IGPN, l’inspection générale de la police nationale, a d’abord balayé plusieurs pistes. Non, le lycéen ne s’est pas blessé sur un mur ni sur un horodateur. Deux tirs de LBD ont bien été effectués, à une minute d’intervalle. Les investigations relèvent la concomitance entre le premier tir et la blessure à l’œil. Elles pointent aussi des questions persistantes sur le respect des conditions exigées pour manipuler cette arme, à savoir une nécessité absolue et une stricte proportion.

Du côté des policiers, la défense conteste. L’avocate du mis en examen décrit un fonctionnaire expérimenté, reconnu comme tel par son institution, confronté à une scène de violences urbaines particulièrement intense. Selon elle, son client a visé un individu qu’il avait parfaitement identifié et qui n’est pas le jeune homme blessé à l’œil, après un tir de projectile imminent en direction de lui-même et de la colonne d’intervention. Il aurait vu sa balle frapper cet homme au flanc, avant que celui-ci ne se relève et prenne la fuite. Les images des caméras-piétons conforteraient cette version. L’avocat du second policier va plus loin et juge très péremptoire d’affirmer qu’un tir de LBD est forcément à l’origine des blessures. Il qualifie la communication du parquet d’incisive et de précoce, alors que l’enquête n’en est qu’à ses premiers actes.

Ces faits s’inscrivent dans un contexte bien plus large. Depuis le début du mouvement lycéen, trente-six enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN pour des violences présumées, dont quatre portent sur des blessures mutilantes. De son côté, la famille de Maël rejette toute dimension politique ou militante. Il s’agit simplement, dit-elle, d’un adolescent pris dans les événements et atteint dans son intégrité physique.

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