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Un million de sans-papiers ont frappé à la porte de l’Espagne en deux semaines
Le gouvernement espagnol a lancé une procédure de régularisation massive pour les étrangers en situation irrégulière. Résultat un afflux record de…


Le gouvernement espagnol a lancé une procédure de régularisation massive pour les étrangers en situation irrégulière. Résultat un afflux record de demandes qui divise le pays et pose la question de l’intégration.
Mi-avril, Pedro Sánchez prenait tout le monde de court. Son gouvernement socialiste ouvrait une fenêtre de dépôt pour que les sans-papiers déjà présents en Espagne demandent un titre de séjour. Moins d’un mois plus tard, le compteur affiche plus d’un million de dossiers déposés. Un chiffre colossal qui dépasse de loin les prévisions officielles. Le Premier ministre espagnol estime lui-même que cette mesure pourrait concerner près d’un demi-million de personnes. Mais le raz-de-marée est encore plus fort.
Pour pouvoir postuler, il faut justifier d’au moins cinq mois de présence sur le sol espagnol au 1er janvier 2026 et ne pas avoir de casier judiciaire. Les autorités ont trois mois pour traiter chaque dossier et délivrer un permis de séjour et de travail, valable uniquement en Espagne. La date limite de dépôt est fixée à ce mardi soir. Derrière ces chiffres, il y a des histoires humaines. Juana Hernandez, une Cubaine de 59 ans installée à Madrid depuis deux ans et demi, a déjà reçu une notification de recevabilité. Pour elle, c’est une chance inespérée. Mohamed, 23 ans, un Marocain arrivé il y a quatre ans, attend encore une réponse. Il veut pouvoir travailler légalement pour ne plus être exploité par des employeurs sans scrupules.
Ce plan massif ne fait pas l’unanimité. La droite et l’extrême droite espagnoles montent au créneau. Le Parti populaire et Vox dénoncent une politique laxiste et réclament la démission de Sánchez, fragilisé par des affaires de corruption qui touchent son entourage. Le chef du gouvernement leur répond en les accusant de xénophobie et de manipulation de la peur. Il défend sa vision une immigration nécessaire pour une économie vieillissante et des régions qui se vident. Sans les étrangers, assure-t-il, l’Espagne perdrait 19 % de son PIB d’ici 2050. Même le patronat soutient la démarche, confronté à des pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs.
L’Espagne fait figure d’exception en Europe, où la tendance générale est au durcissement des politiques migratoires. Sur les douze derniers mois, près de 37 000 migrants en situation irrégulière sont entrés dans le pays, un chiffre en forte baisse par rapport à 2024. Mais le nombre total de résidents nés à l’étranger dépasse déjà les 10 millions, sur une population de près de 50 millions d’habitants. Sánchez assume le pari régulariser des travailleurs déjà présents plutôt que de les laisser dans l’ombre. Il reconnaît les difficultés de la coexistence et promet de les affronter. Reste à savoir si l’administration et la société espagnoles pourront encaisser un tel afflux.





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