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L’ombre de la lidocaïne plane sur le procès Péchier

L’audience a opéré un retour saisissant sur deux décès survenus en 2008, présentés par l’accusation comme les premiers maillons d’une série d’empoisonnements volontaires.
La cour d’assises du Doubs a consacré sa séance de mardi à deux affaires remontant à l’automne 2008, bien avant l’ouverture de l’enquête visant Frédéric Péchier. Ces deux décès, survenus à quatre jours d’intervalle au sein de la clinique Saint-Vincent, sont aujourd’hui intégrés par le parquet dans la liste des trente intoxications médicamenteuses imputées à l’ancien anesthésiste.
Le 10 octobre 2008, Damien Iehlen, un patient de 53 ans, subissait un arrêt cardiaque en salle d’opération alors qu’il devait être intervenu pour un problème rénal. Frédéric Péchier, bien que non responsable de l’anesthésie, était intervenu pour tenter de réanimer l’homme, sans succès. L’autopsie révéla par la suite un taux de lidocaïne extrêmement élevé, équivalent à cinq fois la dose létale. L’enquête resta sans conclusion pendant près de neuf ans.
Quelques jours plus tard, le 14 octobre, Suzanne Ziegler, 74 ans, décédait à son tour après un incident cardiaque peropératoire. Là encore, des traces de lidocaïne furent détectées dans le matériel d’anesthésie. Le lien entre ces deux drames et les affaires de 2017 ne fut établi qu’a posteriori, lorsque l’enquête révéla la méthode employée : l’introduction du produit dans les poches de perfusion.
Le directeur d’enquête de la police judiciaire de Besançon a qualifié ces actes de « purement machiavéliques », estimant que l’objectif de l’auteur était de nuire à la direction de l’établissement dans un contexte de tensions internes. La défense, quant à elle, dénonce une instruction menée exclusivement à charge, soulignant l’absence de témoin direct et l’éventualité d’une erreur médicale.
Lors de son interrogatoire, l’accusé a vivement réclamé des preuves tangibles de sa présence près des poches de perfusion. Une réplique interprétée par l’une des parties civiles comme un « lapsus d’aveu ». Frédéric Péchier, qui nie toute implication, encourt la perpétuité. Le verdict doit être rendu le 19 décembre.

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