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L’anesthésiste Frédéric Péchier attend les réquisitions du parquet
Le verdict approche dans le procès de Besançon, où le médecin est jugé pour une série d’empoisonnements en milieu hospitalier. L’accusation a conclu ses plaidoiries en réclamant sa condamnation.
L’heure des réquisitions a sonné pour Frédéric Péchier. L’anesthésiste de 53 ans, jugé depuis trois mois par la cour d’assises du Doubs, connaîtra ce vendredi la peine que requiert le ministère public à son encontre. Il est poursuivi pour trente cas d’intoxications volontaires sur des patients, dont douze ont entraîné le décès. La perpétuité est encourue.
Jeudi, les magistrats du parquet ont présenté leurs conclusions devant les jurés. Ils ont décrit une affaire d’une ampleur exceptionnelle, marquée selon eux par le caractère inédit de crimes commis dans l’enceinte médicale. Les représentants de l’accusation ont affirmé que tous les éléments convergeaient vers la culpabilité du prévenu, le qualifiant d’auteur d’homicides en série. Ils l’ont présenté comme un individu ayant instrumentalisé son savoir et son accès aux produits pharmaceutiques pour nuire.
Selon la thèse soutenue par le parquet, les faits remonteraient à une période de tensions professionnelles. Le médecin aurait introduit diverses substances, telles que du potassium ou des anesthésiques locaux, dans des poches de perfusion afin de provoquer des incidents graves lors d’interventions chirurgicales. L’objectif aurait été de discréditer certains collègues. L’accusation estime que des erreurs commises lors d’un dernier acte, début 2017, auraient permis de remonter jusqu’à lui.
Pendant l’exposé détaillé des trente dossiers, où le parquet a plaidé pour la reconnaissance de circonstances aggravantes, l’intéressé est demeuré impassible. Il écoutait, entouré de ses conseils, sans manifester d’émotion visible.
La défense, qui doit présenter sa plaidoirie lundi, a indiqué que ces réquisitions n’apportaient rien de nouveau. L’avocat principal du médecin a réaffirmé la ligne de conduite suivie depuis le début des investigations. Son client reconnaît qu’un empoisonneur a agi au sein des cliniques concernées, mais il conteste fermement en être l’auteur. La stratégie de l’acquittement sera donc défendue jusqu’au bout, a-t-il assuré, exprimant sa confiance dans l’écoute de la cour.
Interrogé sur les qualifications employées par l’accusation, Frédéric Péchier s’est contenté d’une réponse brève, renvoyant au jugement à venir. Le verdict est attendu avant le 19 décembre, clôturant une procédure judiciaire particulièrement longue et éprouvante pour toutes les parties.
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