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La Croix-Rouge supplie le monde de ne pas laisser l’Afghanistan tomber

Des millions d’Afghans luttent pour survivre alors que leur système de santé s’effondre. Depuis Kaboul, la responsable des opérations du CICR tire la…

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La Croix-Rouge supplie le monde de ne pas laisser l'Afghanistan tomber

Des millions d’Afghans luttent pour survivre alors que leur système de santé s’effondre. Depuis Kaboul, la responsable des opérations du CICR tire la sonnette d’alarme sur une population abandonnée de tous.

La directrice des opérations du Comité international de la Croix-Rouge a lancé un appel pressant depuis la capitale afghane. L’Afghanistan, meurtri par des décennies de guerre, se retrouve aujourd’hui isolé sur la scène internationale. Mais cette population ne peut pas être laissée pour compte, insiste Yasmine Praz Dessimoz. Elle décrit un pays épuisé, où les besoins humanitaires sont immenses, où le système de santé s’effondre et où le chômage frappe massivement.

Les chiffres donnent le vertige. Un million d’enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère risquent de mourir sans aide immédiate. Déjà, la baisse des financements internationaux a forcé la fermeture de cent cliniques spécialisées dans le traitement de la malnutrition pédiatrique à travers le pays. L’Afghanistan n’est plus sous les projecteurs, mais ses habitants payent un lourd tribut à l’oubli.

La Croix-Rouge, elle, refuse de partir. Elle maintient l’Afghanistan dans le top 5 de ses opérations mondiales, avec 46 cliniques soutenues et sept centres de réhabilitation pour les blessés de guerre. Mais l’organisation doit faire des choix douloureux. Elle a concentré ses efforts le long de la ligne Durand, cette frontière avec le Pakistan où des affrontements ont déplacé des milliers de personnes et tué des centaines de civils.

Autre motif d’inquiétude, la place des femmes. Les restrictions imposées par les talibans menacent l’avenir des professions médicales. Si le CICR a pu garder ses employées féminines, la relève est introuvable. Sans éducation, il n’y aura pas de nouvelles générations de femmes pour soigner la population, prévient la responsable. Elle a abordé le sujet avec les autorités afghanes, notamment le vice-Premier ministre taliban Abdul Salam Hanafi. Un dialogue indispensable, même avec un gouvernement que la communauté internationale refuse toujours de reconnaître.

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