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Économie

Kering face à son destin : la refonte d’un empire du luxe à l’épreuve des marchés

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Le groupe, fragilisé par les contre-performances de Gucci, dévoile jeudi sa nouvelle stratégie lors d’une journée cruciale pour les investisseurs. Tous les regards sont tournés vers son directeur général, Luca de Meo, chargé de redessiner l’avenir du conglomérat.

L’heure est à la reconquête pour le géant français du luxe. Alors que le secteur traverse une période de ralentissement, Kering affronte une semaine décisive, marquée par la publication de ses résultats trimestriels et, surtout, par la présentation de sa feuille de route stratégique. Cette dernière sera dévoilée jeudi à Florence, berceau historique de sa maison phare, lors d’une rencontre très attendue avec la communauté financière. La tâche du directeur général, Luca de Meo, recruté l’été dernier, consistera à démontrer la capacité du groupe à retrouver son attractivité auprès de la clientèle mondiale.

Les difficultés sont notoires. L’exercice 2025 a été marqué par un net recul, avec un chiffre d’affaires en baisse de 13% et un bénéfice net divisé par dix. Le déclin de Gucci, qui représentait près de la moitié des revenus du groupe, a été particulièrement prononcé, ses ventes ayant chuté de 22% sur un an. Le marché chinois, autrefois moteur de la croissance, a significativement contribué à cette érosion. Cette dépendance excessive à une seule marque est désormais identifiée comme un risque majeur pour la stabilité de l’ensemble.

Depuis sa prise de fonction, Luca de Meo a engagé une profonde restructuration. Plusieurs décisions structurantes ont été prises pour assainir les finances et simplifier l’organisation. La cession de la division beauté à L’Oréal, ainsi que la vente d’actifs immobiliers prestigieux, ont permis de réduire l’endettement de plus de deux milliards d’euros en un an. Parallèlement, l’acquisition de la maison Valentino a été reportée, témoignant d’une approche plus prudente.

La transformation s’opère également en interne. La nomination de Francesca Bellettini à la tête de Gucci et la création de pôles dédiés à l’industrie et à la relation client visent à gagner en agilité et en efficacité. Le groupe mise par ailleurs sur le développement de la joaillerie, avec la création d’une entité spécifique regroupant des maisons comme Boucheron et Pomellato, pour diversifier ses sources de croissance. L’objectif affiché est de construire un portefeuille de marques plus équilibré et résilient.

Les observateurs reconnaissent l’impact immédiat des mesures prises par le nouveau dirigeant. La résorption de la dette a dissipé une inquiétude majeure des investisseurs, libérant désormais l’énergie managériale pour se concentrer sur l’essentiel : la revitalisation des marques et la restauration de leur désirabilité. Le pari de confier les rênes du groupe à un profil extérieur au secteur du luxe semble, pour l’instant, porter ses fruits. La stratégie qui sera présentée à Florence devra convaincre que Kering possède les leviers pour renouer durablement avec une trajectoire ascendante.

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