Monde
Gaza : une école-refuge bombardée, des familles sous le choc

Le drame se répète dans l’enclave palestinienne : un sanctuaire censé protéger les déplacés a été réduit en cendres par une frappe israélienne, faisant plusieurs victimes civiles.
Au cœur de Gaza, l’école Mustafa Hafez n’était plus qu’un amas de gravats fumants au petit matin. Ce bâtiment scolaire, transformé en abri pour des familles fuyant les combats, a été touché par un raid aérien israélien dans la nuit. Les secours locaux font état d’au moins quinze morts, principalement des femmes et des enfants, selon les premiers bilans.
Des scènes de désolation ont marqué les lieux après l’attaque. Des vêtements déchirés pendaient aux murs éventrés, tandis que des taches de sang maculaient le sol jonché de débris. Des enfants erraient parmi les ruines, cherchant des objets familiers dans ce qui restait de leur refuge temporaire. « Ce n’est plus une vie », murmure une femme sous le choc, serrant contre elle les quelques affaires récupérées.
L’armée israélienne a justifié cette frappe en affirmant avoir visé un haut responsable du Hamas, tout en assurant avoir pris des précautions pour éviter les pertes civiles. Elle accuse le mouvement islamiste de se servir des populations comme boucliers humains. Mais sur place, les survivants dénoncent une violence aveugle. « Qu’ils nous anéantissent d’un coup plutôt que de nous faire souffrir ainsi », lance une mère ayant perdu plusieurs proches dans l’explosion.
La bande de Gaza, déjà ravagée par près de deux ans de conflit, sombre un peu plus dans la crise humanitaire. Près de deux millions d’habitants, dont la majorité a été déplacée à plusieurs reprises, survivent dans des conditions extrêmes. Les écoles, devenues des sanctuaires précaires, n’offrent plus aucune sécurité.
À l’hôpital Al-Shifa, l’atmosphère est lourde de douleur. Des familles se recueillent devant les dépouilles des victimes, certaines trop jeunes pour avoir connu autre chose que la guerre. « Ils ont tout perdu, même l’espoir », soupire un secouriste, épuisé. Les bombardements récents ont encore alourdi le bilan, avec des dizaines de morts en quelques jours, selon les autorités locales.
Dans les décombres de l’école, une fresque colorée représentant un enfant heureux contraste cruellement avec la réalité. Symbole d’un avenir volé, elle résume le drame d’une population prise au piège d’un conflit sans fin.

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