Monde
Un débat sur l’armement civil relancé par une fusillade à Kiev
La mort de sept personnes dans la capitale ukrainienne ravive les discussions autour d’une légalisation des armes à feu pour les civils, un sujet sensible dans un pays en guerre.
L’événement survenu samedi dernier dans un quartier de Kiev a profondément marqué l’opinion. Un individu, pour des motifs encore inexpliqués, a fait usage d’une carabine contre plusieurs passants avant de se diriger vers un commerce. Le bilan, de sept victimes, a été suivi de vives réactions après que des informations ont fait état du comportement de deux agents de police, depuis suspendus, qui auraient quitté les lieux.
Cette séquence a offert un argumentaire renouvelé aux partisans d’un assouplissement de la législation sur le port d’armes. Pour eux, une population civile autorisée à se défendre constituerait un moyen de dissuasion et un gage de sécurité supplémentaire. Une parlementaire membre de la commission sur la sécurité intérieure a ainsi évoqué sur les réseaux sociaux l’exemple d’autres pays, où la présence potentielle de citoyens armés est intégrée dans les calculs de réaction face à une menace.
Le cadre juridique actuel en Ukraine est réputé pour sa complexité et son caractère restrictif. La détention d’armes de poing est pratiquement impossible, tandis que celle d’armes longues est soumise à l’obtention d’un permis délivré selon des critères rigoureux. Selon les dernières estimations disponibles, moins d’un foyer sur dix posséderait une arme à feu. Les chercheurs observent que le conflit n’a pas provoqué d’augmentation massive de l’armement privé, les autorités ayant au contraire renforcé les contrôles après avoir distribué des armes aux unités de défense territoriale au début de l’invasion.
Pourtant, l’intérêt semble présent. Une enquête récente indique qu’une proportion significative d’hommes ukrainiens non détenteurs souhaiterait en acquérir une. L’argument du sentiment de sécurité personnelle est fréquemment avancé sur les plateformes numériques par des citoyens, dont certains ont servi sur le front. Ils déplorent l’absence d’une loi unique et claire régissant la possession d’armes civiles et les conditions de la légitime défense.
Le Parlement ukrainien avait pourtant adopté en première lecture, à la veille de l’offensive russe de février 2022, deux projets de loi visant précisément à encadrer ces questions. Ces textes sont depuis restés en suspens. L’auteur de ces propositions estime que la fusillade aurait pu être évitée si les civils avaient eu le droit de porter des armes de poing, avançant que la perspective de faire face à des citoyens armés aurait pu dissuader l’agresseur. Il reconnaît toutefois la nécessité d’une période de transition, compte tenu du contexte de guerre et de la tension psychologique qui en découle.
Le ministre de l’Intérieur a annoncé sa volonté de relancer les débats parlementaires sur ce dossier. Cette initiative ne fait pas l’unanimité. Une élue de l’opposition a exprimé son incompréhension, soulignant que l’auteur de l’attaque de Kiev détenait une arme enregistrée légalement. Pour elle, la réponse ne réside pas dans une plus large diffusion des armes, mais dans la capacité des forces de l’ordre à assurer efficacement la protection de la population.
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