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Les murs de Téhéran, une toile pour l’affrontement idéologique

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L’espace public iranien se pare d’œuvres monumentales aux messages politiques tranchés, illustrant une rhétorique de défi à l’égard de puissances étrangères désignées comme adversaires.

Dans les rues de la capitale, une série de peintures murales de grande ampleur a récemment fait son apparition. Ces réalisations artistiques, qui se multiplient sur les façades et les places, véhiculent une iconographie explicitement tournée vers la confrontation. Elles mettent en scène, par des symboles et des allégories, une narration centrée sur la résistance nationale et la dénonciation de l’influence extérieure.

Cette pratique d’affichage mural à vocation politique n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une tradition établie depuis plusieurs décennies, utilisant l’espace urbain comme un support de propagande et un instrument de mobilisation collective. Les thèmes abordés sont récurrents, glorifiant souvent la souveraineté du pays et fustigeant ses opposants.

Parmi les œuvres récentes, l’une représente une force navale américaine de manière funèbre, associant l’équipement militaire à la mortalité. Une autre composition montre un citoyen brandissant l’étendard national face à une salve de projectiles, dans une posture de défi. L’emblème du pays, associé à des armements, orne également certains murs, accompagné de slogans évoquant un engagement révolutionnaire persistant.

Le registre commémoratif n’est pas absent. Une fresque retrace ainsi la lignée des figures religieuses ayant marqué l’histoire contemporaine de l’État, créant une continuité visuelle entre le passé et le présent. D’autres créations adoptent un ton plus agressif, dépeignant par exemple la destruction des symboles d’une nation voisine ou des foules scandant des invectives contre une puissance occidentale.

Les abords de l’ancienne légation diplomatique américaine, un lieu déjà fortement chargé en signification politique, concentrent certaines des peintures les plus anciennes et les plus explicites. L’une d’elles propose une relecture critique d’un monument universellement connu, l’autre altère de manière satirique la bannière étoilée. Ces images, intégrées au paysage quotidien, servent de rappel constant d’un antagonisme profondément ancré dans la communication officielle.

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