News
L’écrivain Kamel Daoud condamné par contumace à trois ans de prison en Algérie

Le romancier, lauréat du prix Goncourt 2024 pour son ouvrage « Houris », a été jugé en vertu d’une loi mémorielle. Il dénonce une volonté d’étouffer la parole littéraire sur la guerre civile.
L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a fait état, ce mercredi, d’une condamnation à son encontre prononcée par un tribunal d’Oran. La juridiction lui a infligé trois années d’emprisonnement ferme, accompagnées d’une amende de cinq millions de dinars, soit environ trente-deux mille euros. Un mandat d’arrêt a également été émis. L’auteur, résidant en France, a indiqué avoir été informé de cette décision de justice, intervenue mardi soir, par l’intermédiaire de son avocat.
Le jugement s’appuie sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, un texte législatif qui interdit les évocations publiques pouvant porter atteinte aux institutions de l’État à propos de la période communément appelée « décennie noire », soit les années de guerre civile entre 1992 et 2002. La plainte émanait de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme en Algérie. Cette condamnation marque un précédent, étant la première fois que cette disposition est appliquée à une œuvre de fiction.
Dans une réaction transmise à l’Agence France-Presse, Kamel Daoud a qualifié cette décision de « triste », tout en affirmant sa conviction de pouvoir un jour retourner dans son pays natal. Il a interprété la procédure comme une formalisation d’une interdiction de séjour sur le territoire algérien. Selon lui, son roman « Houris », qui explore le destin d’une jeune femme mutique après une agression survenue en 1999, participe d’un nécessaire travail de mémoire. Il a souligné que l’ouvrage, bien que non publié officiellement en Algérie, y a été largement diffusé et lu.
La nouvelle a suscité des réactions au sein du monde littéraire. L’écrivain Boualem Sansal, lui-même récemment incarcéré en Algérie, a dénoncé une « méthode de gouvernement » visant à imposer le silence aux créateurs. Il a exprimé son soutien total à son confrère, estimant que cette condamnation ciblait symboliquement un écrivain français.
Kamel Daoud est par ailleurs confronté à d’autres contentieux judiciaires. Quelques semaines après l’obtention du prix Goncourt, une plainte pour atteinte à la vie privée avait été déposée contre lui en Algérie par une personne affirmant se reconnaître dans le récit. Une procédure distincte est également en cours devant la justice française sur des motifs similaires.
L’auteur, âgé de cinquante-cinq ans, est notamment connu pour son roman « Meursault, contre-enquête ». Il a confirmé être actuellement en train d’écrire son prochain livre. Cette affaire survient dans un contexte de relations franco-algériennes qui connaissaient récemment un apaisement relatif après une période de fortes tensions.

MondeEn Ligne 4 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
PolitiqueEn Ligne 6 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
PolitiqueEn Ligne 5 joursLes maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard
MondeEn Ligne 7 joursMbappé rattrapé en Chine par une vidéo sur Mao
CultureEn Ligne 6 joursEgrégore, le grand retour dansant de Mylène Farmer avec DJ Snake et Moby
ÉconomieEn Ligne 7 joursSafran prépare des ailes repliables pour les prochains avions
PolitiqueEn Ligne 7 joursLe Rassemblement national attaque Le Monde en justice pour un tract qui n’a jamais existé
PolitiqueEn Ligne 3 joursLe ministre écrit aux lycéens avant la rentrée pour défendre ses annonces
















