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États-Unis : le sort du second mandat de Trump se jouera dans six mois

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Les législatives de novembre s’annoncent comme un test décisif pour la présidence Trump, alors que les sondages pointent un mécontentement croissant dans l’opinion.

À six mois des élections de mi-mandat, le paysage politique américain est marqué par une incertitude profonde. Les 435 sièges de la Chambre des représentants et 33 des 100 sièges du Sénat seront renouvelés lors d’un scrutin qui déterminera la capacité de Donald Trump à poursuivre son programme législatif. Les républicains ne disposent que d’une majorité fragile dans les deux chambres, et les démocrates espèrent inverser le rapport de forces.

Pour l’opposition, l’enjeu dépasse la simple reconquête du Congrès. Les responsables démocrates présentent le président et ses alliés comme une menace pour les institutions américaines. De son côté, le locataire de la Maison Blanche, âgé de 79 ans, mise sur le maintien de sa majorité parlementaire pour faire adopter les réformes restantes de son agenda. Il prévient qu’en cas de défaite, les démocrates déclencheraient rapidement une procédure de destitution, bloqueraient ses nominations et lanceraient des enquêtes parlementaires.

Les perspectives s’assombrissent toutefois pour le camp républicain. Les enquêtes d’opinion accumulées ces dernières semaines révèlent un niveau record de mécontentement envers le chef de l’État. La politologue Julia Azari, de l’université Marquette, souligne que l’impopularité présidentielle constitue traditionnellement un indicateur fiable des performances du parti au pouvoir lors des scrutins de mi-mandat. De nombreux Américains estiment que le milliardaire n’a pas tenu sa promesse d’améliorer leur situation économique, tandis que le conflit avec l’Iran et la hausse des prix de l’essence pèsent sur l’opinion. La politique migratoire très répressive menée par l’administration suscite également des critiques.

L’opposition ne bénéficie pas pour autant d’un enthousiasme débordant. Les électeurs se disent insatisfaits de la direction générale prise par le pays et des deux formations politiques. Julia Azari observe qu’en l’absence d’alternative enthousiasmante, une partie de l’électorat pourrait se tourner vers les démocrates par défaut.

La campagne est également marquée par une bataille intense autour du redécoupage électoral. Donald Trump a exigé de plusieurs États républicains qu’ils modifient leurs circonscriptions pour affaiblir le vote démocrate, une pratique connue sous le nom de gerrymandering. Les démocrates ont riposté en faisant de même dans les États qu’ils contrôlent, comme la Californie ou la Virginie. La récente décision de la Cour suprême, à majorité conservatrice, de restreindre les découpages favorisant les minorités a encore compliqué l’équation. Plusieurs gouverneurs républicains du Sud ont déjà annoncé leur intention de redessiner leurs cartes électorales pour éliminer des sièges démocrates.

La politologue Mindy Romero, de l’université de Californie du Sud, compare la situation à un échiquier en mouvement, placé à l’arrière d’un camion sur une route de campagne cahoteuse. L’incertitude domine, mais une certitude demeure : le scrutin de novembre s’annonce comme un moment charnière pour les deux partis.

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