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Emmanuel Macron réaffirme le soutien indéfectible de la France à la Grèce face aux menaces

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Lors d’une visite officielle à Athènes, le président français a renouvelé l’engagement de son pays à protéger la souveraineté grecque, réaffirmant une clause d’assistance mutuelle qui se veut un modèle pour la défense européenne.

Emmanuel Macron a prononcé des paroles d’une fermeté rare depuis la capitale grecque, samedi, en assurant que la France se tiendrait aux côtés de la Grèce « quoi qu’il arrive » en cas de menace. Le chef de l’État s’exprimait lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, au second jour d’un déplacement marqué par la signature d’un partenariat stratégique renforcé. « Ne vous posez même pas la question. Quoi qu’il arrive, nous serons là, à vos côtés », a-t-il lancé, dissipant toute ambiguïté sur la portée de l’accord bilatéral.

Les deux nations ont actualisé leur pacte de défense et de sécurité, initialement conclu en 2021, lequel inclut une clause d’assistance réciproque en cas d’agression. M. Macron a souligné le caractère intangible de cette disposition, ajoutant qu’elle ne souffrait d’aucune discussion ni d’aucun doute. « Pour tous nos ennemis, potentiels ou réels, il faut qu’ils le sachent très clairement », a-t-il insisté, dans une allusion directe aux tensions récurrentes entre Athènes et Ankara. La veille, il avait déjà tenu des propos similaires depuis le site antique de l’Agora romaine.

Kyriakos Mitsotakis a accueilli ces déclarations avec une émotion palpable, affirmant qu’elles avaient « véritablement touché le cœur des Grecs ». Depuis son accession au pouvoir en 2019, le dirigeant conservateur a considérablement accru les dépenses militaires de son pays, notamment en se tournant vers l’industrie française. La presse hellène a largement salué cette visite, le quotidien Kathimerini titrant en une la promesse présidentielle : « Nous serons là pour vous si votre souveraineté est menacée ». Pour le chef du gouvernement grec, la clause d’assistance mutuelle constitue désormais « la pierre angulaire » d’une coopération reconduite tacitement et enrichie d’une dimension stratégique globale.

Les tensions avec la Turquie, rival historique mais aussi partenaire au sein de l’OTAN, ressurgissent par cycles et justifient régulièrement les efforts d’armement d’Athènes. Face aux défis croissants pour la sécurité du continent, la Grèce a lancé l’an dernier une refonte de son armée, présentée comme la plus ambitieuse de son histoire moderne. Le pays prévoit d’investir environ 25 milliards d’euros sur douze ans, notamment pour se doter d’un dôme de protection antimissiles, antiaérien et antidrones baptisé « Bouclier d’Achille ». Client historique des industries de défense européennes et américaines, la Grèce figure parmi les quatre États de l’Alliance atlantique consacrant plus de 3 % de leur produit intérieur brut à la défense, derrière la Pologne, l’Estonie et la Lettonie.

Les relations entre Athènes et Ankara restent acrimonieuses, malgré un certain apaisement amorcé fin 2023, marqué par des rencontres entre M. Mitsotakis et le président turc Recep Tayyip Erdogan. Après une décennie de gel budgétaire liée à la crise financière, la Grèce avait décidé en 2021 de moderniser ses forces armées, sur fond de tensions avec la Turquie. Athènes a ainsi acquis auprès de la France 24 avions de combat Rafale et trois frégates Belharra, pour un montant total dépassant 5,5 milliards d’euros, auxquels s’est ajoutée une quatrième frégate l’an dernier.

Pour les deux dirigeants, cette alliance bilatérale doit servir de modèle à une défense européenne plus intégrée. « Ce rapprochement gréco-français a précédé les récents bouleversements géopolitiques majeurs », a souligné Kyriakos Mitsotakis. « Il a préfiguré la nécessité plus large d’une autonomie stratégique pour notre continent », a-t-il ajouté. Emmanuel Macron a estimé que ce « mouvement » avait « inspiré et continue d’inspirer le reste de l’Europe », consolidant ainsi ce « pilier européen de l’OTAN » et cette « Europe de la défense » devenue selon lui « une vraie stratégie ».

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